Préambule
Quand nous avons commencé à réaliser ce site, il y a maintenant quelques années, nous souhaitions
soutenir le mode de vie rural face à l'engouement des cités. Nous avons alors rédigé de nombreux articles
d'Humeurs sur ce sujet, et un
mini-dossier (La vérité est ailleurs)
que nous peaufinons encore parfois...
Malheureusement, les temps changent, et il nous a paru impensable de ne pas informer nos concitoyens
des perturbations que le dérèglement climatique (voir notre dossier) va apporter à notre civilisation. Bien évidemment, nous avons évité de faire
des amalgames avec les mouvements écologiques ou politiques, nous limitant strictement au phénomène de l'effet
de serre, en décrivant ses causes et en proposant des solutions.
Pour y parvenir sans tomber dans le militantisme, nous nous attachons à fournir les informations les
plus clairvoyantes possibles, et à proposer des actions purement individuelles. Cependant, bien que notre but
premier soit d'informer le public, nous voulons dépasser l'étape "c'est la faute de l'autre" et
enclencher une réelle prise d'initiative du lecteur.
Cela n'est malheureusement pas possible sans l'accompagner aux fonds des choses, ce qui a une certaine tendance
à alourdire les textes. Le dossier
Dérèglement climatique possédant déjà de nombreuses propositions dans le domaine des transports
et de l'habitat, nous avons préféré en extraire la partie liée à la consommation, puisque celle-ci pouvait
être recoupée avec nos réflexions sur notre mode de vie (dossier
La vérité est ailleurs).
La décroissance volontaire doit donc être aborder comme la mise en pratique d'un mode de vie
basé sur la simplicité (certains appellent cela "la simplicité volontaire"), mais
spécifiquement orienté vers une diminution drastique de nos émissions de gaz
à effet de serre.
Pourquoi la décroissance volontaire ?
La vie de chacun est faite d'étapes, que nous abordons tous en fonction
de notre éducation, de notre culture et de notre personnalité. Ces interactions
nous façonnent, individuellement et collectivement. S'il est clair que, même
au sein d'une seule famille, tous les enfants sont différents, notre milieu
commun, autrement dit "notre société", apporte à chacun d'entre nous
des valeurs qui nous cimentent et nous unissent.
Qui plus est, comme nous recherchons tous ce que nous dénommons habituellement
"le bonheur", nous avons naturellement tendance à faire nôtre
la définition qu'en donne le reste du groupe. Quand on voit la luxuriance de
notre civilisation occidentale, de laquelle semble exclues toutes les misères
du monde, on ne peut que souhaiter en faire parti.
Malheureusement, il s'avère que notre mode de vie tue la vie. Le constat
est amère, et il ne s'accepte pas facilement, mais il est sans appel. Voilà
maintenant des années que des milliers de savants, de tous pays et de toutes
disciplines, s'inquiètent des modifications que nous apportons à notre atmosphère,
et leurs conclusions ne sont plus remisent en cause.
Pourtant, le message a du mal à se répandre, et même quand on arrive
à le diffuser, les consciences ne s'ouvrent pas. Au fil des mois, où nous avons
cherché à engager le débat autour de nous, il s'est avéré que l'écrasante majorité
de nos concitoyens estime que la solution ne peut pas venir d'eux. Et quand
ils vous assènent, hargneusement ou fièrement, suivant la tournure de la discussion,
qu'ils trient leurs déchets et qu'ils ont installé des ampoules basse consommation,
tout est dit.
Dans ces moments là, vous comprenez la force des clichés. Au moment où j'écris
ces lignes, la France commence à s'inquiéter de la disparition de la bio-diversité.
Dans mon esprit, ce sujet ne peut que déboucher sur les gaz à effet de serre,
cause du dérèglement climatique qui va engendrer la disparition de millions
d'espèces animales et végétales. Or, quel est le cliché que véhicule ce
problème auprès du public ? L'ours des Pyrénées ! Comme si la réintroduction
d'un prédateur, qui se trouve donc situé au sommet de la pyramide de la chaîne
alimentaire, allait pouvoir limiter en quoi que ce soit la disparition de la
bio-diversité...
Face à ces constatations, nous n'avons pas souhaité orienter nos réponses
au dérèglement climatique vers un combat public, mais nous ne voulons pas non
plus nous contenter d'informer sans proposer. La seule solution qui nous reste
est donc d'essayer d'interpeller la personne, et uniquement la personne.
C'est pourquoi nous avons décidé de montrer comment tout un chacun pouvait
parvenir à limiter ses émissions de gaz à effet de serre, sans pour autant renier
épanouissement et bonheur.
Qu'est-ce que la décroissance volontaire ?
Dans notre esprit, la décroissance volontaire est la réunion de 2 principes :
- Une recherche de l'épanouissement personnel qui ne repose pas sur les schémas
de pensée liés à la consommation. Cet axiome de base ne sous-entend pas une recherche
du dénuement, mais simplement une prise de conscience que la course à la possession
est vaine et nocive. L'idée de base est de comprendre qu'il n'y a pas de raisons
pour que ce qui a fait le bonheur de nos parents ne puisse pas faire le nôtre. Du
coup, comme notre niveau de vie a énormément progressé, nous devrions pouvoir
vivre heureux sans courir en permanence derrière le mirage de la consommation
(lire La vérité est ailleurs).
[Cet état d'esprit n'est pas récent, mais il
est maintenant souvent associé au courant de la simplicité volontaire. Pour ma part,
je l'associe beaucoup au mode de vie rural]
- Une prise de conscience que, malgré tous les avantages qu'elle procure, notre
société occidentale, basée sur la croissance, n'a pas d'avenir. Indépendamment
du dérèglement climatique,
le principe même de "la consommation appelle la production, qui amène l'emploi" est suicidaire.
Depuis les années 70, notre empreinte écologique, c'est à dire la surface qu'il nous faut
pour subvenir à nos besoins, dépasse de 20 % les capacités biologiques de la Terre.
Or, notre civilisation occidentale ne représente que 20% de la population terrestre, soit
environ 1,2 milliard d'être humains, alors que la Chine et l'Inde, à elles deux,
en compte plus du double. Et ces 2 nations sont d'ores et déjà entrées dans l'ère
industrielle, et n'auront de cesse de chercher à accéder au même confort que nous.
Sans renier les avancées introduites par la notion de développement durable,
nous estimons que l'urgence est telle que l'on ne pourra pas s'en sortir sans
entamer une décroissance.
Bien que tout reste à inventer, nous espérons que cette voie nous permettra
de vivre au mieux les jours difficiles que l'avenir nous réserve.
TM.