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Qu'avons-nous fait ? | ||||||||||||
"Si l'entente internationale fait défaut, si les égoïsmes et l'irresponsabilité prennent le dessus, le monde ne parviendra pas à enrayer la machine infernale du réchauffement climatique. Et ce siècle verra la résurgence de maladies que l'on croyait à jamais vaincues, la multiplication des épisodes climatiques extrêmes, la ruine de régions entières et la montée inexorable des réfugiés du climat. Faute d'agir aujourd'hui, pendant qu'il en est encore temps, le monde court à un grand désordre, avec son cortège de conflits, de destructions et de souffrances."
Extrait du Message du Président de la République française au 3ième Forum mondial du développement durable [02/12/05].
L'avéré |
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La grosse difficulté, à ce stade, provient de l'impossibilité scientifique d'attribuer de manière certaine les évènements au réchauffement. Dans l'absolu, si l'on veut démontrer une relation de cause à effet, il faut montrer qu'un certain "effet" ne se produit que pour une certaine "cause". Bien évidemment, il nous est impossible de revenir en arrière de 150 ans pour revivre cette période en y modifiant quelque chose. Il est donc difficile d'affirmer, par exemple, que la canicule de 2003 est liée directement à la modification de la composition de notre atmosphère, même si des scientifiques britanniques ont déjà rendu un rapport sur ce sujet.
Certaines caractéristiques de l’été 2003 correspondent bien aux
simulations du GIEC, notamment la chaleur nocturne (4°C de plus sur les
températures extrêmes) ; pourtant la température moyenne sur la France
pour l’ensemble de l’année 2003 ne dépasse pas de plus de 0,1°C celle
de 1994, la seconde année la plus chaude depuis 1860. Ceci illustre
bien le fait qu’une modification apparemment faible d’une moyenne
annuelle peut recouvrir des phénomènes très inhabituels. Ces vagues de
chaleur pourraient voir leur fréquence quintuplée au cours du siècle.
Ceci dit, le rapport déposé au Sénat (voir Nos sources) n'est pas si pointilleux, puisqu'on peut lire (page 29) : "Depuis une décennie, l’Europe est atteinte par les premiers effets physiques du réchauffement climatique : canicule de l’été 2003, tempête de 1999, inondations, fonte des glaciers, modification de la pluviométrie, etc. Toutefois ces phénomènes climatiques, pour cruels et dévastateurs qu’ils soient quelquefois, ne sont pas encore systématiquement répétitifs." De notre côté, nous avons, en 2005 et 2006, collecté les informations liées aux perturbations climatiques
extrêmes de l'année en cours, que l'on peut maintenant retrouver dans
cette page surgissante.
Cette démarche étant extrêmement lourde en temps, nous ne la renouvellerons
pas pour les années à venir, puisque ce travail est globalement
fait par l'Organisation Météorologique Mondiale. Nous nous contenterons
de maintenir ces liens
externes Sites gouvernementaux français : Événements climatiques mondiaux rapportés par l'OMM (format Word !) :
Plus près de nous, on a aussi commencé à mesurer l'impact sur le climat de la sécheresse de 2003, qui a fait 15 000 morts en France et plus de 35 000 sur le continent européen. Une étude publiée en septembre dans la revue Nature sous la direction du Laboratoire des sciences du climat révèle que l'accroissement moyen de 6 °C, cet été-là, ainsi que le déficit en eau qui l'a accompagné, ont eu un impact sévère sur la végétation. Le fait que la production végétale ait chuté de 30 % à l'échelle européenne, tout comme celle des forêts, a provoqué une réduction considérable de la captation du CO2 atmosphérique. Les écosystèmes ont ainsi relâché 500 000 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent de quatre années de séquestration de ce gaz par la végétation. D'autres exemples peuvent être trouvés dans cet interview d'un
biologiste canadien qui explique à ses compatriotes qu'il ne faut
pas attendre grand chose de bon dans le réchauffement : Dans la région de Mouthe (Franche-Comté), par exemple, les jours de neige sont passés de 90 à 50 en 40 ans (pour 10cm de neige). Inversement, il est clair que le surplus de CO2 est bénéfique aux forêts dont la productivité est en forte croissance [ce qui ne veut pas dire qu'elles absorbent plus de CO2, comme le montre une étude allemande]. Il faut quand même noter que certaines essences, comme le hêtre, vont avoir tendance à disparaître pour cause d'inadaptation. Inversement, les nuisibles, eux, ont moins de difficultés pour se déplacer (la chenille "processionnaire du pin" a déjà progressé de 60km vers le Nord-Est en 25 ans) et à se reproduire. Par exemple, la pyrale est passée d'une génération annuelle à 3, ce qui démultilpie les dégâts : depuis les années 1980, on a dû passer de quatre traitements insecticides par an à une douzaine. Du côté de la vigne, les floraisons et les vendanges sont de plus en plus précoces (gain de 10 jours en 30 ans pour la floraison), et les grappes de plus en plus lourdes. Chez les oiseaux aussi, des mouvements s'amorcent. D'une manière globale, les effectifs des oiseaux méridionaux ont augmentés, alors que ceux des oiseaux septentrionaux ont diminués. Les aires se déplacent, comme l'atteste les arrivées en Bourgogne du Héron garde boeuf (qui, en France, se cantonnait à la Camargue), ou la Fauvette mélanocéphale (cet oiseau est un représentant type du climat méditerranéen !). On assiste même à des hivernages exceptionnels, comme pour la Cigogne ou le Milan noir. Mais si tous ces faits nous montrent qu'un changement est en marche, qu'en est-il du dérèglement ?
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Les études
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Dans une société où tout doit être démontré pour être pris en compte, il n'est pas facile d'avoir des certitudes sur un tel sujet. Si nous prenons comme exemple la mauvaise foi des fabricants de tabacs américains, qui se sont retranchés jusqu'au dernier jour derrière le fait qu'il n'était pas scientifiquement prouvé que le cancer du poumon était directement provoqué par l'inhalation de la fumée de cigarettes, il est évident que certains affirmeront toujours que rien n'est certain ! Et il est vrai que les scientifiques sont des personnes particulières. On pourrait même dire qu'elles vivent dans un monde qui leur est propre, où tout doit être clairement démontré pour être accepté. Quand vous affirmez sereinement que l'eau gèle à 0°C, il y en a toujours un pour vous répondre que tout dépend de la composition de l'eau, ou de la pression ambiante... Mais cela est tout à fait normal, car le seul moyen d'entériner une fois pour toute une découverte, c'est de faire en sorte que celle-ci soit vérifiable par la communauté internationale. Il va donc sans dire que, pour l'étude d'un sujet aussi complexe que celui de l'évolution du climat de notre planète, les débats peuvent être nombreux. Heureusement,
en 1988 fût créé le GIEC [Groupe d'Experts Intergouvernemental sur
l'Evolution du Climat], dont le rôle est "d'expertiser l'information
scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de
changement climatique provoqué par l'homme". Cet organisme regroupant de manière totalement indépendante les meilleurs scientifiques de la planète, ses rapports font références et ne sont pas remis en cause par les gouvernements (voir Faisons le point). Mais il y a mieux que les rapports : il y a les modèles ! Créer une modélisation consiste à définir un ensemble de règles permettant de reproduire le phénomène étudié. C'est grâce à eux que nous apprenons le nom du nouveau président de la république, alors que les dépouillements ne sont pas terminés. De la même manière, nous pouvons espérer prévoir le temps de notre week-end quelques jours à l'avance... Évidemment, la véracité des prévisions dépend totalement de la fiabilité du modèle, ce que les scientifiques sont les premiers à reconnaître. C'est pourquoi ils ont mis au point le célèbre indice de confiance, que tous les amateurs de la météo télévisée connaissent. Dans la littérature, vous obtiendrez des déclarations du style "il est certain que" (fait démontré), "il est pratiquement certain que" (plus de 99% de probabilité) ou encore "il est très probable que" (de 90 à 99% de probabilité). Au niveau du climat, les modèles sont maintenant tout à fait capable de reproduire le passé, ce qui est la première étape. Ensuite, il faut décider de la variation des paramètres (plus d'émissions de gaz à effet de serre si nous utilisons massivement le charbon, moins d'émissions si nous arrivons à nous entendre, …) pour obtenir les résultats généraux (élévation de la température mondiale, de l'humidité, ...). À ce stade, il est clair que même si les modèles sont correctes, tout dépend des scénarii mis en
place. Le GIEC en a donc prévu un certain nombre, dont les 2 suivants sont les plus connus :
Enfin, il faut essayer de "localiser" ces changements, ce qui s'apparente un peu à de la météo.
Il est, évidemment, hors de question de faire mieux que d'obtenir des tendances - il y a tellement de
choses à modéliser (maillage tridimensionnelle de l'atmosphère, des océans, effets rétroactifs, ...)
que les scientifiques en sont tenus à réaliser un grand nombre de modélisations, puis d'en tirer des
statistiques ! - mais c'est déjà mieux que rien. Ensuite, c'est à chaque spécialiste d'en tirer des conclusions par rapport à la science qu'il étudie... |
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Les prévisions
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Si nous nous en tenons aux informations publiées par notre gouvernement (voir Nos sources), la température moyenne du globe va s'élever de 1,4°C à 5,8°C d'ici 2100, sur la base d'une augmentation de la concentration en CO2 de 1% par an (ce qui est à peu près le rythme d'évolution aujourd'hui). "4 à 6°C de plus en moyenne sur le globe, soit 6 à 8°C de plus en moyenne sur les continents, ce serait l'équivalent du passage d'une période glaciaire à une interglaciaire en 100 ans au lieu de 10 à 20 000 ans, ce qui donne une idée de la violence du choc pour les écosystèmes, notamment végétaux, et pour les sociétés humaines." Bien, qu'à mon sens, l'hypothèse d'une augmentation de 1% soit déjà sujette à caution (il ne faut pas oublier que les populations de l'Inde et de l'Asie s'ouvrent à la consommation, ce qui sera loin d'être négligeable au niveau des dégagements de dioxyde de carbone, surtout s'ils utilisent du charbon), raisonnons avec les valeurs officielles. [ajout du 28/10/04 : le rapport "Perspectives énergétiques mondiales 2004" de l’Agence International de l’Energie, publié il y a 2 jours, estime la progression des rejets à 39% d’ici à 2010, soit plus de 6% par an !]
Que représente quelques degrés de plus pour notre environnement ?Avant de commencer à décrire les grandes tendances qui vont interagirent sur notre écosystème, ceux qui ont la chance de bénéficier d'une connection internet haut débit peuvent prendre le temps [compter quand même 10 minutes ;-) !] de visualiser une vidéo réalisée par le gouvernement français (voir Nos sources) : [Bien que cette vidéo soit déjà assez impressionnante, je me dois de préciser que :
En résumé, voilà ce que l'on peut lire dans le rapport d'information n° 436, déposé le 28 juin 2006 au Sénat [Lire le rapport] : Les scientifiques estiment que, sans modification des comportements, l'effet de serre pourrait supprimer toute vie sur terre d'ici quelques siècles. En effet, si le réchauffement global de la planète dépassait quatre degrés, l'effet de serre pourrait s'emballer définitivement par dégazage des dioxydes de carbone (CO2) et du méthane (CH4) stockés dans les mers, les glaces et les sols forestiers tropicaux. La perspective pourrait alors consister en un réchauffement massif et très rapide de la terre susceptible d'atteindre les 30°C, entraînant probablement la disparition de toutes les espèces évoluées. La fonte des glaciers*La première conséquence de ce réchauffement concerne, bien évidemment, la fonte des glaces. Pour ne donner
que quelques exemples, sur les 100 dernières années, les glaciers des Rocheuses du Canada ont diminués de 75%
en volume, ceux du Kilimandjaro de 80%, ceux des Pyrénées espagnoles de 80%.
Même l'Arctique fond de plus en plus vite, comme le montre les photos de
notre bandeau, puisque la fonte totale de sa calotte, l'été, est prévue
à l'horizon 2040 d'après le Centre National pour la Recherche Atmosphérique (NCAR)
! Ilulissat, à 250 km au nord du cercle arctique, avec son fjord glacé parsemé d'icebergs, a été inscrite en 2004 au patrimoine de l'Unesco. Mais son glacier, Sermeq Kujalleq, a reculé de plus de 11 km depuis les années 60. Le glacier Kangerdlugssaq, sur la côte Est du Groenland, est devenu l'un des plus rapides au monde : il se déplace à une vitesse annuelle de 14 km d'ouest en est vers la mer contre 5 km par an en 1988 ! Du côté de l'Antarctique, même si la température a moins augmenté, l'effondrement d'énormes pans de la plate-forme glacière de Larsen-B au cours des 10 dernières années est le plus important depuis au moins 10.000 ans. Du coup, il faut forcément s'attendre à une élévation du niveau de la mer. Effectivement, celle-ci est déjà monté d'une vingtaine de centimètres, et on prévoit une élévation "non pas de l’ordre de 10 cm à 90 cm en 2100, comme dans la prévision du GIEC dont nous rappelons qu’elle ne tient pas compte d’événements tels que libération de gaz par le permafrost et augmentation de la libération du CO2 par les sols, mais de l’ordre de 6 mètres" suite à la fonte du Groenland [rapport du Sénat, voir Nos Sources]. Et il serait assez naïf de penser qu'une simple surélévation des digues permettra de contenir le phénomène [il est possible de chiffrer ce recul grâce à la règle de Bruun : en considérant les caractéristiques moyennes des plages de l’Atlantique, du Pacifique et de l’océan Indien, l’élévation du niveau de 1 cm correspondrait à un recul de 1 m.] D'une part, certaines zones, et non des moins peuplées (comme les îles ou les delta), n'auront pas la possibilité de se protéger derrière des barrières de béton, mais surtout, l'eau profite des marées, ou des résurgences, pour venir polluer les cultures et les nappes phréatiques en y déposant son sel. [27/06/07 : dernier rapport sur la question réalisé par le Programme de Nations Unies pour l'Environnement.] [* Attention ! Il ne faut pas confondre "fonte des glaciers" et "enneigement". Tant que la température locale descendra en dessous de 0 (et il faut souhaiter que cela va durer encore quelques années ;-) !), il neigera. Dire que l'on pourra faire du ski dans les prochaines années ne signifie dons pas qu'il y aura encore des glaciers.] Les pénuries d'eauD'autre part, le manque d'eau douce va aussi se faire sentir [la quantité
d’eau disponible par habitant est passée de 12 900 m3 en 1970 à moins de 7 000 m3 aujourd’hui,
et elle devrait descendre à 5 100 m3 en 2025] ! En effet, les glaciers jouent un rôle énorme
dans la distribution "permanente" de cette eau. Eux disparus, nos réserves ne seront plus alimentées
que par les pluies, ce qui va nous rendre extrêmement dépendant des caprices de la nature. Nous
devrons donc certainement nous rabattre sur les lacs et les nappes phréatiques, mais, même sans
parler des problèmes de quantité et de qualité, il va nous falloir repenser tout le système de
distribution. Et il ne faut pas non plus oublier que l'eau est nécessaire pour les cultures
et certaines industries, qui risquent donc d'être fortement perturbées quand le débit des rivières
ne sera plus suffisant. En 2003, la sécheresse a coûté près de 11 milliards d’euros en Europe et près de 40 000 personnes
sont mortes. En été 2005, le Portugal a perdu autour de 60% de sa production de blé et 80% de sa production
de maïs. [Source WWF : "La désertification, c’est-à-dire la perte de la capacité qu’ont les zones arides, semi-arides et sub-humides de soutenir la reproduction du vivant, est l’un des dangers qui menacent le plus gravement l’humanité. La désertification est en cours à l’échelle de la planète et touche le cinquième de la population mondiale [1,3 milliard de personnes !] dans plus de 100 pays. Ses répercussions sont immenses. La pauvreté en est en partie la cause mais, dans un cercle vicieux tragique, elle aggrave la pauvreté. S’ajoutant à leurs autres difficultés, elle oblige les populations des campagnes ruinées à s’exiler vers les villes, elles-mêmes mal équipées pour offrir du travail et des abris aux nouveaux arrivants. Si nous ne faisons rien, si les tendances actuelles se poursuivent, 60 millions de personnes auront quitté avant 2020 les régions désertiques de l’Afrique sub-saharienne pour gagner l’Afrique du Nord et l’Europe, et, dans le monde, 135 millions de personnes seront peut-être sur le point d’être déracinées." [Extrait du En 2002, 400 scientifiques originaires de pays en développement ont participé à une étude qui visait à
déterminer les effets de la sécheresse sur les habitants du Sahel, zone qui s'étend de l'océan Atlantique
à l'océan Indien. "En général, la désertification du Sahel est imputée à la pratique du surpâturage par
les populations locales. « Il n'en est rien », a dit M. Nyong [professeur de géographie
à l'université de Jos (Nigeria)] en expliquant que c'étaient les changements
climatiques qui étaient à l'origine du problème de la désertification et que les précipitations dans le
Sahel n'avaient cessé de diminuer depuis les années 1960." [rapporté par
Toujours en Afrique, la plus grande réserve d'eau douce du continent (près de 69 000 km2),
le lac Victoria, qui fait vivre 30 millions de personnes, a déjà perdu 50 centimètres en 10 ans,
entraînant, à certains endroits, un recul de plus de 200 mètres de ses rives. Le phénomène n'est
pas sans rappeler celui qui a touché le lac Tchad : entre 1964 et 2005, le principal point d'eau
d'Afrique de l'Ouest est passé d'une surface de 25 000 km2 à 5 000 km2.
[rapporté par Du coté de l'Asie, c'est la chine qui est sujette à la désertification. “Les données rassemblées depuis 40 ans montrent l'accélération de la fonte des glaciers du plateau Qinghai-Tibet, qui engendre une érosion des sols et davantage de sécheresse, de désertification et de tempêtes de sable”, explique Dong Guangrong, spécialiste de l'Académie des sciences chinoise. Ce plateau de l'Himalaya rassemble 47% des glaciers chinois et de nombreux fleuves ou rivières asiatiques y trouvent leur source. En conséquence, le nord de la Chine a subi 13 tempêtes de poussière cette année [2006], attribuées à la désertification du nord-ouest. Mi-avril, 336 000 tonnes de poussière et de sable se sont abattues sur la capitale, provoquant une forte pollution. [source Infos de Serre N° 42] Les dérèglements climatiquesMalheureusement, la fonte des glaces n'est que le symptôme le plus visible de ce réchauffement
climatique, qu'il vaut mieux appeler dérèglement climatique. En effet, bien que les modèles ne soient
pas encore très précis, ils indiquent tous une augmentation de la variabilité des éléments du climat
(insolation, température, précipitation, ...), ce qui se traduit par une dispersion de ces dits
éléments par rapport à la moyenne. Autrement dit, et en prenant l'exemple des précipitations, même
s'il semble acquis que celles-ci vont augmenter (toute eau qui s'évapore doit forcément retomber),
nous risquons d'avoir des périodes de sécheresse suivies de pluies diluviennes (ce qui se produit
déjà en ce moment). Si plusieurs éléments s'additionnent, on obtient un climat chaotique qui mettra
à rude épreuve notre faune, notre flore, et nos constructions. Ces modifications intervenant à l'échelle du globe, il est clair que ces déséquilibres vont
bouleverser nos climats locaux. Pour prendre l'exemple le plus classique, la fonte de la calotte
glaciaire de l'Arctique remet en cause le célèbre courant marin du Gulf Stream. Ce courant, qui est le plus important de l'océan Atlantique nord, remonte de l'équateur vers l'Islande (à ce moment là, la masse d'eau est chaude), puis redescend après s'être refroidit. Ce circuit à une grosse influence sur le réchauffement des vents en provenance du Groenland, et un changement de celui-ci entraînerait pour notre pays une modification massive de nos températures et de notre pluviométrie. Or, celui-ci a déjà commencé à ralentir,
car ce sont les effets combinés de la salinité locale (l'eau qui gèle laisse le sel derrière elle)
et de la température de l'eau (l'eau froide, comme l'eau salée, sont plus denses) qui font plonger
les courants thermohalins. "Les premières perturbations dans la circulation de la dérive Nord-Atlantique
du Gulf Stream ont été observées. Le débit des eaux refroidies s’enfonçant dans les couches profondes de
l’océan et alimentant les remontées du Gulf Stream a diminué de 50 % depuis 1957. Ce qui signifie, à rebours,
que la force du courant remontant du Gulf Stream, qui garantit au nord-ouest de l’Europe un climat tempéré,
est en passe de s’affaiblir."
[rapport du Sénat, voir Nos
Sources]. La remise en cause des "puits" à CO2Pour être clair, le terme de puits est employé pour symboliser la capture du dioxyne de carbone, comme dans le cas de la photosynthèse. Les forets sont les puits les plus connus, même si elles sont loin d'être les plus importantes (l'Amazonie, par exemple, n'est pas un puits, car elle émet autant de CO2, du fait de la décomposition des végétaux qui la composent, qu'elle en absorbe. Par contre, sa déforestation en produit). [ Qui plus est, les dernières études montrent que les végétaux vivants rejettent du méthane [gaz à effet de serre 23 fois plus "réchauffant" que le CO2], et que ces rejets augmentent avec la température et l’ensoleillement ! Le bilan des forêts au niveau du réchauffement est donc à revoir... [ Heureusement, les végétaux ne sont pas les seuls puits à CO2
puisque les océans absorbent aussi celui-ci. En fait, ces 2
puits "consomment" environ chacun un tier du
CO2, le tier restant s'accumulant dans l'atmosphère. Malheureusement,
l'augmentation de la température de l'eau rend moins efficace ces échanges.
D'après une étude de l'université de l'Oregon publiée dans Nature,
entre 1999 et 2005, chaque année l'océan a en moyenne absorbé 190 millions de tonnes (Mt) de carbone de
moins que l'année précédente, soit environ 695 Mt de CO2 ; soit plus que les émissions annuelles de la
France ! Les effets "boule de neige"Toujours dans la catégorie "le système s'emballe", il faut savoir que la disparition des glaces entraîne 2 autres conséquences. D'une part, une accélération du réchauffement directe de notre planète par les rayons solaires, qui ne seront plus réfléchit par la surface blanche de celles-ci, d'autre part, par le dégagement de méthane [gaz à effet de serre 23 fois plus nocif que le CO2] que va produire la décomposition des millions de kilomètres carrés qui composent le permafrost (terres gelées en permanence, sur lesquelles, par exemple, on construit des immeubles sans fondations). Or, on estime que les sols de ces régions arctiques sont sensés contenir 30% de tout le carbone présent dans l'ensemble des continents. L'émission de ce méthane accélérera et intensifiera donc le réchauffement du climat bien davantage que nous avons réussi à le faire. [ 17/08/05 : l'hebdomadaire britannique "New Scientist" annonce, dans sa parution
de la seconde semaine d'août, un dégel important du permafrost de Sibérie occidentale. Cette tourbière, grande
comme la France et l'Allemagne réunies, a commencé à fondre depuis 3 ou 4 ans. Elle contient 70 milliards de
tonnes de méthane. Voir LaLibre.
En raison du réchauffement climatique, un quart des espèces animales et végétales pourrait
disparaître d'ici 2050. Un million d'espèces animales et végétales pourraient ainsi être rayées du domaine du
vivant. Même le cas d'un faible réchauffement (soit une augmentation de la température moyenne de 0,8 à 1,7
degrés) entraînerait l'hécatombe de 9 à 31% des espèces étudiées. La fourchette atteindrait 15 à 37% en cas
de réchauffement moyen (+ 1,8 à 2°) et 21 à 52% en cas de réchauffement
important (plus de 2°).
La bio-diversitéLes résultats de la première étude complète sur l'impact du réchauffement climatique, réalisée par une vingtaine de chercheurs internationaux (sous la direction du biologiste britannique Chris Thomas, de l'Université de Leeds, en Angleterre), ont été publiés le 8 janvier 2004 dans la revue scientifique Nature [revue à comité de lecture]. Une autre étude, publiée en avril 2005 dans la publication « Conservation Biology »,
a poursuivi les travaux de Chris Thomas en tenant compte des critiques et des suggestions soulevées lors de la précédente analyse.
Elle estime que des dizaines de milliers d'espèces vont disparaître
[lire Ces publications démontrent que même une très faible augmentation de la température moyenne du globe - et je
rappelle que nous savons déjà que, quoi que nous fassions aujourd'hui, nous atteindrons les fourchettes basses
des prévisions ! - a des répercussions catastrophiques sur notre écosystème. Pour ne prendre que l'exemple du pommier, les chercheurs de Provence (Avignon) suivent de très près l'adaptation du Carpocaps (larve de papillon) au changement de climat. En effet, sa reproduction étant extrêmement liée à la température, et il arrive de plus en plus fréquemment que 3 générations se succèdent dans la même année, faisant passer de 500 à 10 000 le nombre de pommes qu'il détruit ! Soit des pertes multipliés par 20 ! Mais ce n'est pas tout, car il aura bientôt le soutient d'un autre insecte, la Pyral des fruits, qui sévit normalement au moyen orient, et qui a commencé à faire des apparitions dans la région... Il n'est pas non plus difficile de comprendre qu'une espèce comme l'abeille, dont la reproduction est très sensible à la température (les ouvrières sont obligées de ventiler les ruches pour conserver une certaine température), intervient directement sur ce qui arrive dans notre assiette. L'Europe a même lancé un programme d'étude [ALARM - Assessing LArge-scale environmental Risks for biodiversity with tested Methods] sur 5 ans (2004-2008), pour étudier ces pollinisateurs qui interviennent dans 84% des espèces cultivées sur notre continent. "Un degré de réchauffement revient à situer la France géographiquement cent kilomètres plus au Sud. De nombreuses espèces végétales ont déjà commencé une migration vers le Nord et la période des vendanges a été avancée d'un mois. A terme, en 2100, le paysage méditerranéen occupera la moitié du territoire et les chênes traditionnels auront pratiquement disparu au profit des pins. La remontée vers le Nord de parasites aura pour conséquence une réduction du nombre des essences." [rapport de l'Assemblée nationale, voir Nos Sources]. Les maladiesOn peut également s'attendre à une augmentation du nombre d'insectes porteurs de maladies telles que la malaria, la dengue et plusieurs sortes d'encéphalites virales. Certains animaux porteurs de maladies dangereuses, comme les rongeurs et les chauves-souris, pourraient aussi étendre leur territoire et devenir plus nombreux. Par exemple, depuis l'an 2000, une maladie tropicale - la fièvre catarrhale ovine, dite "maladie de la
langue bleue" - a fait son apparition en Corse, et est maintenant en passe d'atteindre le nord de l'Italie
[Voir le document (pdf) publié sur le site de l'INRA: Début 2005, une nouvelle maladie
humaine est apparue aux Comores: la fièvre chikungunya [Voir En avril 2005, L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) a rendu public son premier rapport sur l’impact du réchauffement climatique sur les maladies animales. Elle préconise de surveiller en priorité les 6 maladies suivantes : la fièvre de la vallée du Rift [22/03/07 : 16 morts en Tanzanie. La maladie est émergente puisqu’elle s’est étendue hors d’Afrique (Arabie Saoudite, Yemen). (Actu News Env)], la fièvre de West-Nile [02/10/06 : un cheval atteint dans le sud de la France par le virus du Nil occidental. (Actu News Env)], la leishmaniose viscérale, les leptospirosee, la fièvre catarrhale ovine et la peste équine. Le 4 août 2005, dans la revue à comité de relecture "Nature", l'équipe conduite pas Mercedes Pascual, de l'Université du Michigan, a publié une étude qui explique que le changement climatique pourrait favoriser la transmission et la propagation du choléra en modifiant les précipitations [11/10/06 : la Corse est infectée par des milliards de moustiques suite à la douceur des températures et à l'importance des précipitations (TF1)]. Le 23 août 2007, l'OMS publie un rapport (Rapport sur la santé dans le monde 2007) qui signale que de nouvelles maladies mortelles font leur apparition à travers le monde à un rythme plus soutenu que jamais. Pour avoir une synthèse rapide sur ces nouvelles maladies, on peut lire l'article de la BBC Afrique. Les guerresDans un monde qui se transforme à ce point, comment ne pas songer
aux guerres ? Peut-on imaginer un seul instant que les peuples vont
assister à la destruction de leur environnement en se laissant mourir
de faim ? Mondialement, une étude publiée par les Nations Unies prévoit que
50 millions de personnes pourraient devenir des "réfugiés climatiques" d'ici 2010
(lire novethic).
Qui plus est, comme le précise le secrétaire général de l'ONU, M.
Ban Ki-moon, la raréfaction des ressources (énergie, eau, terres
arables, etc) entraîne inévitablement les conflits (lire Nations
Unies). Si, au niveau local, certaines régions comme le Darfour en sont déjà au niveau des armes, la situation mondiale est encore calme, même si les tensions économiques commencent à se faire sentir. Et comme il n'y a pas assez de ressources pour alimenter l'économie occidentale en même temps que l'économie asiatique, la situation ne pourra qu'empirer. [28/11/07 : Dans un rapport publié le 14 novembre intitulé “A Climate of Conflict”, International Alert,
groupe de résolution de conflit londonien, explique que le changement climatique fait peser un risque de
conflits ou d’instabilité politique grave pour la moitié des pays du monde d’ici 2020. Ainsi, 46 pays,
représentant 2,7 milliards d’individus, courent un risque élevé de conflits violents et 56 Etats un risque
d’instabilité politique. Le changement climatique devrait affecter les ressources en eau, les rendements
agricoles et l’utilisation des terres, augmentant les risques de graves conflits pour les pays les plus
pauvres et les plus vulnérables. Pour s'en convaincre, il suffira de suivre l'évolution du prix pétrole et celui des céréales.
Une autre question a aussi tout son intérêt : y a-t-il la moindre chance que la situation se stabilise si nous ne faisons rien ? Notre monde est le résultat d'un équilibre fragile. De nombreuses zones de notre planète, aussi bien terrestres que maritimes, nous démontrent que le foisonnement de la vie disparaît dès que certains de ces paramètres ne sont plus respectés. Or, chaque jour qui passe fait augmenter notre surplus de gaz à effet de serre, que celui-ci provienne d'un avion, d'une usine ou simplement de notre véhicule. N'attendons donc pas d'être alité pour comprendre que nous sommes malade. |
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