| Les dossiers sont toujours composés de plusieurs pages, accessibles par la partie centrale de la marge de gauche. Vous y trouverez : Le titre du dossier
| ||
| VieRurale.com > À la tribune > Apocalypse | ||
|
Qu'avons-nous fait ? | ||||||||||||
Le réchauffement climatique est enclenché. |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Dans quel état est notre planète ? Se réchauffe-t-elle ? Qu'est-ce que les pluies acides, le trou de la couche d'ozone, l'effet de serre ? À tous ces maux, nous pourrions en ajouter bien d'autres. L'Homme, quelques soient ses qualités, n'appréhende le monde que pour le plier à son profit immédiat : "assurons le présent avant de penser au futur". Mais il arrive toujours un moment où le futur devient présent. Et si, jusqu'à présent, les conséquences de nos actes irresponsables avaient, à l'échelle de la planète, des portées limitées, ces temps sont maintenant révolus. Notre "importance" est devenue telle que nos modes de vie remettent en cause les équilibres de notre biosphère. [Nous avons mis 12000 ans, depuis le néolithique, pour atteindre le milliard d'individus. Depuis les 200 dernières années, nous sommes passés de 1 milliard à 6 milliards, soit une augmentation de 600% !] Prenons l'exemple des pluies acides. Ce sont deux polluants atmosphériques communs qui acidifient les précipitations : le dioxyde de soufre et les oxydes d'azote. Lorsque ces substances passent dans l'atmosphère, elles sont susceptibles d'être transportées sur de grandes distances par les vents dominants et de retomber sur terre sous forme de précipitations acides (pluie, neige, brouillard ou poussière). Sans vouloir minimiser cette pollution, qui, à terme, modifie la composition des sols et
des cours d'eau (ce qui, tout jardinier vous le dira, n'est pas bon pour la flore locale), on peut quand même
estimer que nous seront capables de la maîtriser. Pour la couche d'ozone,
l'optimisme est aussi de rigueur. Même si la portée du phénomène (dégradation de la stratosphère) semble plus
inquiétante, les mesures prises paraissent efficaces. En effet, les principaux agents coupables, les
chlorofluorcarbones ou CFC - ils n'endommagent pas l'environnement à proximité du sol, mais s'élèvent jusqu'à
la couche d'ozone où la lumière ultra-violette les décompose en atomes de chlore, qui détruisent l'ozone -
sont maintenant interdits dans le monde entier depuis 1997 [Les ajustements au protocole de Montréal du 16
septembre 1987, relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, ont
été ratifié par la France le 25 novembre 1992 à
Copenhague]. Ceci dit, certains
CFC mettront une centaine d'année pour disparaître, et il est donc vivement
conseillé de se protéger activement des rayons du soleil.
Malheureusement, il n'en est pas de même pour le phénomène de l'effet de serre, qui est beaucoup plus inquiétant, pour ne pas dire apocalyptique. En effet, comme pour la couche d'ozone, ses causes et ses conséquence sont mondiales. Malheureusement, le combattre revient à remettre en cause les fondements même de nos sociétés modernes. Pourtant, ses répercussions se font déjà sentir et, quoi que nous fassions, nous devrons les subir et les combattre sur des dizaines d'années, comme nous le démontrent l'extrait ci-dessous [original], obtenues sur le site gouvernemental dédié à l'effet de serre.
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
[* : le 12 avril 2006, le rapport de la mission d'information sur l'effet
de serre a été présenté à l'assemblée nationale française. Dans
celui-ci, on peut lire : "L’hypothèse d’une hausse de cinq degrés au cours du présent siècle, estimée
très pessimiste il y a une décennie, est aujourd’hui considérée comme optimiste par certains scientifiques
qui pensent, qu’à données constantes, cette augmentation pourrait être de huit degrés"
... "quand bien même nous arrêterions complètement les émissions, le XXIe siècle n’en connaîtrait pas
moins un réchauffement équivalent à celui du XXe siècle compte tenu de tout ce qui est déjà
« emmagasiné », c'est-à-dire d’un demi à un degré". Ce que ne précise pas assez ce rapport, c'est que la valeur basse est purement illusoire ! En effet, cette fourchette englobe différents scénarii parmi lesquelles 2 sont habituellement retenus :
[En attendant le prochain rapport du GIEC, prévu pour février 2007,
on peut noter les conclusions du premier rapport chinois sur le réchauffement
climatique (27/12/2006) : Pour celui qui a un peu de recul sur l'évolution des mentalités sur ce sujet, il est clair que même le
scénario 'B2' est illusoire, à moins que nous assistions à une prise de
conscience générale des citoyens. Malheureusement, quand on voit
les efforts fournis pour mettre en place le premier protocole (Kyoto),
alors que nous devons [les pays industrialisés]
réduire par 4 à 5 nos rejets avant 2050 pour limiter la hausse à
2°, on peut s'interroger sur nos chances de succès. Nous devons aussi conserver à l'esprit que les rapports du GIEC sont consensuels,
et donc modérés, puisqu'ils doivent être validés par l'ensemble de la communauté internationale,
y compris les États-Unis et les pays de l'OPEP. Or, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'un changement d'ère climatique (changement de 4 à 5°) entraîne
toujours une remise en cause complète de l'écosystème. À chaque fois, des millions d'espèces ont disparues,
alors même que le phénomène se produisait sur des milliers d'années. Si nous visualisons cette réorientation
comme un virage à 90°, que devons nous penser de nos chances de le négocier correctement, en l'abordant 200* fois
trop vite ? Pour nous permettre de mieux nous rendre compte de l'importance du phénomène
"temps" dans les choix que nous devons faire, Dominique Dron a réalisée
le diagramme suivant :
Les barres horizontales correspondent aux durée de vie de certains biens, comme des arbres fruitiers (1ère barre en haut) ou des infrastructures lourdes, comme une autoroute ou un aéroport (barre la plus grande). Les lignes verticales, quant à elles, positionnent des événements (la valeur 0 de l'axe horizontal symbolise l'année 2005). La ligne rouge nous donne donc notre objectif [+2,5° si nous arrivons à réaliser le scénario B2], en sachant que nous devons absolument avoir réduit nos émissions d'une manière importante avant 2050 (barre verte), tout en ayant encaissé le "Peak oil" [moment à partir duquel la production du pétrole va commencer à décroître] prévu modestement pour 2020.
Le soucis majeur de ce phénomène est qu'il est intimement lié à notre consommation d'énergie, qui est elle même directement dépendante de notre niveau de vie. Or, les pays développés ne jurent que par la croissance, et les pays émergeant (Chine, Inde, ...) ont des populations importantes qui n'aspirent qu'à un peu plus de confort. Par exemple, d'après l'Institut Français du Pétrole (IFP), il y a actuellement 800 millions de véhicules dans le monde, et ce chiffre devrait doubler d'ici 2030 (multiplication par 4 dans les pays émergeants) [lire Le marché automobile]. Comme ces véhicules fonctionneront toujours majoritairement au pétrole, il faudrait que leurs rejets de CO2 soient divisés par 4 dans le même temps pour que notre niveau de pollution reste identique [ce qui serait toujours 2 fois trop pour notre planète ! Pour info, depuis 1960, le gain de CO2 au kilomètre à été de 20%]. Tableau des 20 pays les plus émetteurs de CO2 en 2002 [Les données de base du tableau que nous avons construit ci-dessous
proviennent du site des Nations Unies :
[Les pays du G8, qui regroupent 13 % de la population mondiale, émettent 45 % des GES. Les États-Unis,
avec 5 % de la population mondiale, rejettent 25 % des émissions anthropiques. Comme on le voit dans le tableau ci-dessus, la Chine et l'Inde font déjà partis des 5 plus gros émetteurs,
alors que leurs rejets par personne sont plus que modestes. Or, ces 2 pays sont en plein développement,
comme le prouve les relevés atmosphériques au dessus de ces 2 pays
[voir Si les méfaits du pétrole, qui intervient dans pratiquement tous les compartiments de nos sociétés (transport, industrie, chimie...), ne sont plus a démontrer, celui-ci possède un allier de poids : le charbon. Or, malgré que ce dernier dégage 30% de plus de CO2 que le pétrole, il a quand même assuré 23,5% de la demande énergétique mondiale en 2002, et sa consommation progresse de 500 milliards de tonnes tous les 10 ans (2900 milliards en 1983, 3460 milliards en 1993 et 4000 milliards de tonnes en 2002). Principalement utilisé pour produire de l'électricité, il couvre 80% des besoins de la Chine, 78% de ceux de l'Australie, 70% de l'Inde, 50% des USA, et 40% de l'Allemagne ! Pour se rendre compte de l'envergure du problème, il suffit de faire un peu de prospectives en partant des données suivantes :
Si rien n'est fait, on obtient le tableau suivant [Un
[15/11/06 : contrairement à mon tableau, où je prévoyais une augmentation
de 0,49 Mt entre 2003 et 2004, la réalité a été de 1,2 Mt, soit plus
du double, principalement à cause du charbon, qui représente 60%
de cette augmentation selon l'AIE ! Cerise sur le gâteau, ces valeurs ne se remplacent pas, puisque le dioxine de carbone met du temps à se résorber (environ 100 ans). Il faut donc bien réaliser que cette pollution s'accumule, et même si le total ne peut pas être pris à la lettre, car les gaz à effet de serre ont des durées de vie différentes, il est important de se rendre compte de son ordre de grandeur :
Bien évidemment, toute la question est de savoir quelle concentration de CO2 peut supporter notre planète avant que son climat ne s'emballe. Or, le rapport intitulé "relever le défi du climat", rendu public à Londres en janvier 2005 par un groupe de scientifiques de 9 pays, estime qu'un accroissement de plus de 2° C de la température moyenne mondiale (par rapport à l'ère pré-industrielle, soit 1750) rend l'arrêt du dérèglement climatique impossible. "Pour eux, la Terre aura atteint ce point de non-retour lorsque son atmosphère contiendra 400 parties de CO2 par millions (ppm). Aujourd'hui, elle en contient déjà 379 ppm, un niveau augmentant de 2 ppm chaque année, souligne l'étude." [La concentration habituellement utilisée dans les calculs de limitation de nos rejets (division par 4 d'ici 2050) est de 450 ppm]
Comme cette croissance ne sera certainement pas linéaire, cela nous laisse moins de 10 ans avant le jour d'après. 23/05/07 : les dernières valeurs connues montrent que nos émissions
de CO2 dépassent le pire scénario envisagé par le GIEC (le diagramme
de droite est un zoom de celui de gauche).
source PNAS [Proceedings of the National Academy of Sciences (DOI: 10.1073/pnas.0700609104)]
Et chaque jour qui passe aggrave la situation. Alors, agissez avec nous !
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Qu'est-ce qui provoque l'effet de serre ? |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Tout comme les panneaux vitrés qui maintiennent la chaleur dans les serres, l'atmosphère capte la chaleur du soleil et la retient près de la surface du globe. Les gaz de l'atmosphère qui permettent à la Terre de rester chaude sont appelés "Gaz à Effet de Serre" (GES). Sans eux, la chaleur du soleil s'échapperait dans l'espace et la température moyenne de la planète passerait de 15°C à -18°C.
S'il est évident que ce phénomène est, à la base, naturel, les rejets atmosphériques des activités humaines ont modifiées la composition de notre atmosphère. Le Protocole de Kyoto porte sur les six gaz à effet de serre suivant : la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone, le méthane, l'oxyde nitreux, l'ozone et les halocarbures. Sur ces six gaz, nous sommes directement responsables de l'augmentation de la concentration du dioxyde de carbone (CO2), produit par la combustion des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole), du méthane, produit par la décomposition des végétaux sans apport d'oxygène (décharges publiques, rizières, bétails) et de l'oxyde nitreux, relâché dans l'atmosphère quand des engrais chimiques sont utilisés en agriculture. |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Nos sources |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Il existe une infinité de sites qui traitent, de près ou de loin, de la pollution, et nous ne pouvons que vous invitez à les localiser grâce aux moteurs de recherche. Ceci étant, il serait dommage de ne pas vous faire part de ceux qui ont retenus notre attention, et que nous vous conseillons vivement. |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Lire l'article de fond du 05/04/06 sur