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Dans quel état est notre planète ? Se réchauffe-t-elle ? Qu'est-ce que les
pluies acides, le trou de la couche d'ozone,
l'effet de serre ? À tous ces maux, nous pourrions en ajouter bien d'autres.
L'Homme, quelques soient ses qualités, n'appréhende le monde que pour le plier à son profit immédiat :
"assurons le présent avant de penser au futur".
Mais il arrive toujours un moment où le futur devient présent. Et si, jusqu'à présent, les conséquences de
nos actes irresponsables avaient, à l'échelle de la planète, des portées limitées, ces temps sont maintenant
révolus. Notre "importance" est devenue telle que nos modes de vie remettent en cause les équilibres
de notre biosphère. [Nous avons mis 12000 ans, depuis
le néolithique, pour atteindre le milliard d'individus. Depuis les
200 dernières années, nous sommes passés de 1 milliard à 6 milliards,
soit une augmentation de 600% !] Prenons l'exemple des pluies acides. Ce sont deux polluants
atmosphériques communs qui acidifient les précipitations : le dioxyde de soufre et les oxydes d'azote. Lorsque
ces substances passent dans l'atmosphère, elles sont susceptibles d'être transportées sur de grandes distances
par les vents dominants et de retomber sur terre sous forme de précipitations acides (pluie, neige, brouillard
ou poussière). Sans vouloir minimiser cette pollution, qui, à terme, modifie la composition des sols et
des cours d'eau (ce qui, tout jardinier vous le dira, n'est pas bon pour la flore locale), on peut quand même
estimer que nous seront capables de la maîtriser. [19/04/06 : le problème
des pluies acides se pose encore actuellement au Canada, principalement
à cause de l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta (lire
notre-planete.info).]
Pour la couche d'ozone,
l'optimisme est aussi de rigueur. Même si la portée du phénomène (dégradation de la stratosphère) semble plus
inquiétante, les mesures prises paraissent efficaces. En effet, les principaux agents coupables, les
chlorofluorcarbones ou CFC - ils n'endommagent pas l'environnement à proximité du sol, mais s'élèvent jusqu'à
la couche d'ozone où la lumière ultra-violette les décompose en atomes de chlore, qui détruisent l'ozone -
sont maintenant interdits dans le monde entier depuis 1997 [Les ajustements au protocole de Montréal du 16
septembre 1987, relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, ont
été ratifié par la France le 25 novembre 1992 à
Copenhague]. Ceci dit, certains
CFC mettront une centaine d'année pour disparaître, et il est donc vivement
conseillé de se protéger activement des rayons du soleil. [Note
: les dernières études sur le climat notent une diminution du trou de la couche
d'ozone en 2004.]
Malheureusement, il n'en est pas de même pour le phénomène de
l'effet de serre, qui est beaucoup plus inquiétant,
pour ne pas dire apocalyptique. En effet, comme pour la couche
d'ozone, ses causes et ses conséquence sont mondiales. Malheureusement, le
combattre revient à remettre en cause les fondements même de nos
sociétés modernes. Pourtant, ses répercussions se font déjà sentir
et, quoi que nous fassions, nous devrons les subir et les combattre
sur des dizaines d'années, comme nous le démontrent l'extrait ci-dessous [original], obtenues sur le site
gouvernemental dédié à l'effet de serre.
- les concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère ont atteint des niveaux jamais vus depuis
650 000 ans : 379 ppm en 2005 contre 280 ppm avant l'ère industrielle
- Le réchauffement du système climatique est sans équivoque, car il est maintenant évident dans les
observations de l'accroissement des températures moyennes mondiales de l'atmosphère et de l'océan, la fonte
généralisée de la neige et de la glace, et l'élévation du niveau moyen mondial de la mer.
- la valeur de la vitesse moyenne du réchauffement au cours des cent dernières années est de 0,74°C
- la vitesse moyenne du réchauffement au cours des cinquante dernières années (0,13°C par décennie)
est environ le double de la hausse moyenne des cent dernières années
- onze des douze dernières années figurent au palmarès des douze années les plus chaudes depuis 1850
- le niveau de la mer s'est élevé de 17 cm au cours du vingtième siècle et de 3mm par an entre 1993 et 2003,
soit le double de la moyenne enregistrée durant tout le vingtième siècle
- on a observé une augmentation du nombre des cyclones tropicaux intenses dans l'Atlantique Nord et d'autres
régions du Globe depuis 1970
- la probabilité que les changements climatiques soient dus aux activités humaines est supérieur à 90%, les
modèles qui les prennent en compte reproduisant fidèlement les observations
|
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[Le Groupe de travail du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a
publié à Paris (le 2 février 2007) le résumé à l'intention des décideurs du 4ème rapport d'évaluation "Changements
climatiques 2007 : les éléments scientifiques". Ce rapport indique que la température moyenne à la surface du globe a
augmenté de 0,76°C depuis 1860, dont 0,74°C depuis 1900 et 0,2°C depuis 1990. Il est aussi précisé que d’ici 2100, pour la
série de scénarios envisagés et selon les projections de modèles,
la température moyenne de l’air à la surface du globe devrait augmenter de 1,1°C à 6,4°C par rapport à 1990 et que la valeur
obtenue de ce réchauffement en faisant la moyenne des modèles varie de +1,8 à + 4°C (entre 1,4 et 5,8°C en 2001). La responsabilité de l'homme est
confirmée à plus de 90%. Pour résumer, en 2001, les scientifiques estimaient qu'il fallait agir par précaution, alors
que maintenant nous devons prendre des mesures préventir puisque toutes les prévisions se confirment.]
[* : le 7 juin 2005, les académies des sciences des pays du G8 (l'Allemagne - Deutsche Akademie
der Naturforscher Leopoldina, le Canada - Royal Society of Canada, les États-Unis d'Amérique - National
Academy of Sciences, la France - Académie des sciences, l'Italie - Accademia dei Lincei, le Japon -
Science Council of Japan, le Royaume-Uni - Royal Society, la Russie - Russian Academy of Sciences) et
celles des trois plus gros pays en voie de développement consommateurs de pétrole (la Chine - Chinese
Academy of Sciences, l'Inde - Indian National Science Academy, le Brésil - Academia Brasileira de Ciencias)
ont signé une déclaration commune à Londres, affirmant que le doute entretenu par certains à l'endroit
des changements climatiques ne justifie plus l'inaction et qu'au contraire, il faut "enclencher
immédiatement" un plan d'action planétaire pour conjurer cette menace globale.
Lire la déclaration commune des Académies des sciences sur la réponse globale au changement climatique.]
|
Selon les travaux du GIEC, la température moyenne du globe pourrait s'élever d'ici
2100 de 1,4°C (le mieux qui puisse se produire) à 5,8°C*. La moitié de cet écart vient des incertitudes sur
les fonctionnements biophysiques eux-mêmes, l'autre moitié dépend des politiques que nous mettrons en œuvre.
4 à 6°C de plus en moyenne sur le globe, soit 6 à 8°C de plus en moyenne sur les continents, ce serait
l'équivalent du passage d'une période glaciaire à une interglaciaire en 100 ans au lieu de 10 à 20 000 ans,
ce qui donne une idée de la violence du choc pour les écosystèmes, notamment végétaux, et pour les sociétés
humaines.
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[* : le 12 avril 2006, le rapport de la mission d'information sur l'effet
de serre a été présenté à l'assemblée nationale française. Dans
celui-ci, on peut lire : "L’hypothèse d’une hausse de cinq degrés au cours du présent siècle, estimée
très pessimiste il y a une décennie, est aujourd’hui considérée comme optimiste par certains scientifiques
qui pensent, qu’à données constantes, cette augmentation pourrait être de huit degrés"
... "quand bien même nous arrêterions complètement les émissions, le XXIe siècle n’en connaîtrait pas
moins un réchauffement équivalent à celui du XXe siècle compte tenu de tout ce qui est déjà
« emmagasiné », c'est-à-dire d’un demi à un degré". Le 29 juin
2006, un autre rapport est rendu public au sénat : Changement climatique et transition énergétique :
dépasser la crise.]
Ce que ne précise pas assez ce rapport, c'est que la valeur basse est purement illusoire ! En effet, cette
fourchette englobe différents scénarii parmi lesquelles 2 sont habituellement
retenus :
-
le scénario de type "développement durable" [nommé habituellement 'B2'], qui part donc du principe que nous
arrivons à améliorer le rendement de nos énergies sans pour autant le faire
massivement [pour la France, il faudrait réduire nos émission
d'un facteur 4, alors qu'en 70, lors du premier choc pétrolier,
nous n'avons réussi à augmenté notre efficacité énergétique que de 20% !], et qui prévoit une augmentation
d'environ 2,7°,
- et le scénario "tendanciel" ['A1F1'], dans
lequel la situation continue d'évoluer selon la tendance actuelle (c'est
à dire qu'aucune décision mondiale n'est prise), qui nous promet une augmentation de 4,5°.
[En attendant le prochain rapport du GIEC, prévu pour février 2007,
on peut noter les conclusions du premier rapport chinois sur le réchauffement
climatique (27/12/2006) : Les scientifiques chinois estiment que leur pays subira une hausse des
températures comprise entre 1,3 et 2,1 degrés Celsius d'ici à 2020, par rapport aux températures moyennes
de l'année 2000. D'ici à 2050, la hausse pourrait atteindre 3,3 degrés, puis jusqu'à 6 degrés avant la fin
du siècle.
Les auteurs du rapport prévoient des pénuries d'eau, des cyclones et autres désastres naturels.
(7sur7)]
Pour celui qui a un peu de recul sur l'évolution des mentalités sur ce sujet, il est clair que même le
scénario 'B2' est illusoire, à moins que nous assistions à une prise de
conscience générale des citoyens. Malheureusement, quand on voit
les efforts fournis pour mettre en place le premier protocole (Kyoto),
alors que nous devons [les pays industrialisés]
réduire par 4 à 5 nos rejets avant 2050 pour limiter la hausse à
2°, on peut s'interroger sur nos chances de succès. [25/01/06
: les dernières infos donnent +0,8° sur les 100 dernières années,
dont +0,6° sur les 30 dernières.]
Nous devons aussi conserver à l'esprit que les rapports du GIEC sont consensuels,
et donc modérés, puisqu'ils doivent être validés par l'ensemble de la communauté internationale,
y compris les États-Unis et les pays de l'OPEP.
Et ceux-ci ont d'ailleurs toujours été revus à la hausse ! Si l'on ajoute à ces constatations toutes les études
récentes sur les rétroactions du climat (voir Que risquons-nous ?), qui sont plus qu'alarmantes, il est,
à mon sens,
quasiment certain que nous ne pourrons pas maintenir la hausse en dessous de 4°.
Or, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'un changement d'ère climatique (changement de 4 à 5°) entraîne
toujours une remise en cause complète de l'écosystème. À chaque fois, des millions d'espèces ont disparues,
alors même que le phénomène se produisait sur des milliers d'années. Si nous visualisons cette réorientation
comme un virage à 90°, que devons nous penser de nos chances de le négocier correctement, en l'abordant 200* fois
trop vite ? [* 28/11/05 : d'après Thomas Stocker, auteur d'une étude publiée
le 24 novembre dans la revue Science, qui démontre que, depuis 650.000 ans, la quantité de dioxyde de
carbone avait été relativement stable jusqu'à il y a deux siècles, "la hausse que nous connaissons
aujourd'hui est environ 200 fois plus rapide que n'importe quelle autre hausse révélée".
Et il nous faudrait aussi tenir compte que notre capacité à interagir sur notre environnement va décroître
aussi rapidement que nos réserves d'énergies fossiles !]
Pour nous permettre de mieux nous rendre compte de l'importance du phénomène
"temps" dans les choix que nous devons faire, Dominique Dron a réalisée
le diagramme suivant : [merci à elle de nous l'avoir si gentiment
fourni] :

Les barres horizontales correspondent aux durée de vie de certains biens,
comme des arbres fruitiers (1ère barre en haut) ou des infrastructures lourdes,
comme une autoroute ou un aéroport (barre la plus grande). Les lignes verticales,
quant à elles, positionnent des événements (la valeur 0 de l'axe horizontal
symbolise l'année 2005).
La ligne rouge nous donne donc notre objectif [+2,5°
si nous arrivons à réaliser le scénario B2], en sachant que nous
devons absolument avoir réduit nos émissions d'une manière importante avant
2050 (barre verte), tout en ayant encaissé le "Peak oil" [moment à partir duquel la production du pétrole va commencer à décroître]
prévu modestement pour 2020.
Le soucis majeur de ce phénomène est qu'il est intimement lié à notre consommation
d'énergie, qui est elle même directement dépendante de notre niveau de vie. Or, les pays
développés ne jurent que par la croissance, et les pays émergeant (Chine, Inde,
...) ont des populations importantes qui n'aspirent qu'à un peu plus de confort.
Par exemple, d'après l'Institut Français du Pétrole (IFP), il
y a actuellement 800 millions de véhicules dans le monde, et ce
chiffre devrait doubler d'ici 2030 (multiplication par 4 dans les
pays émergeants) [lire Le
marché automobile]. Comme ces
véhicules fonctionneront toujours majoritairement au pétrole, il
faudrait que leurs rejets de CO2 soient divisés par 4 dans le même
temps pour que notre niveau de pollution reste identique [ce
qui serait toujours 2 fois trop pour notre planète ! Pour
info, depuis 1960, le gain de CO2 au kilomètre à été de 20%].
Tableau des 20 pays les plus émetteurs de CO2 en 2002
[Les données de base du tableau que nous avons construit ci-dessous
proviennent du site des Nations Unies : ( Base de données sur les indicateurs du millénaire
- CDIAC) 17/11/07 : un site recense maintenant les émissions de CO2
liées aux centrales de production d'énergie (donc limitées à l'électricité,
mais cela représente quand même 1/4 des émissions mondiales). L'article
sur ce sujet sur FuturaSciences,
Le site contenant Carma
(Carbon Monitoring for Action).]
Pays |
Mille tonnes de CO2 en 1990 |
Mille tonnes de CO2 en 2002 |
Évolution entre 1990 et 2002 |
% par rapport au monde en 2002 |
% cumulé |
Tonnes de CO2 par personne en 2000 |
Tonnes de CO2 par personne en 2002 |
Évolution par personne entre 2000 et 2002 |
Monde |
20 238 713 |
24 120 483 |
19,18% |
|
|
|
|
|
États-Unis d'Amérique |
5 003 686 |
5 838 118 |
16,68% |
24,20% |
24,20% |
20,5 |
20,1 |
-1,95% |
Chine |
2 400 603 |
3 513 103 |
46,34% |
14,56% |
38,77% |
2,2 |
2,7 |
22,73% |
Fédération de Russie |
1 987 276* |
1 432 913 |
-27,90% |
5,94% |
44,71% |
9,9 |
9,9 |
0,00% |
Japon |
1 122 117 |
1 203 535 |
7,26% |
4,99% |
49,70% |
9,3 |
9,4 |
1,08% |
Inde |
675 752 |
1 220 926 |
80,68% |
5,06% |
54,76% |
1,1 |
1,2 |
9,09% |
Allemagne |
892 576** |
804 721 |
-9,84% |
3,34% |
58,10% |
9,7 |
9,8 |
1,03% |
Canada |
472 153 |
517 157 |
9,53% |
2,14% |
60,24% |
16 |
16,5 |
3,13% |
Grande - Bretagne / Irlande du Nord |
585 016 |
543 633 |
-7,07% |
2,25% |
62,50% |
9,3 |
9,2 |
-1,08% |
Italie |
428 178 |
433 018 |
1,13% |
1,80% |
64,29% |
7,4 |
7,5 |
1,35% |
République de Corée |
241 355 |
446 190 |
84,87% |
1,85% |
66,14% |
9,1 |
9,4 |
3,30% |
Mexique |
375 595 |
383 671 |
2,15% |
1,59% |
67,73% |
3,8 |
3,7 |
-2,63% |
France |
395 272 |
368 315 |
-6,82% |
1,53% |
69,26% |
6 |
6,2 |
3,33% |
Arabie saoudite |
123 512 |
340 555 |
175,73% |
1,41% |
70,67% |
13,4 |
15 |
11,94% |
Australie |
277 861 |
356 342 |
28,24% |
1,48% |
72,15% |
18,3 |
18,3 |
0,00% |
Afrique du Sud |
285 688 |
345 382 |
20,89% |
1,43% |
73,58% |
7,2 |
7,4 |
2,78% |
Pologne |
476 625 |
296 398 |
-37,81% |
1,23% |
74,81% |
7,8 |
7,7 |
-1,28% |
République islamique d'Iran |
216 880 |
360 223 |
66,09% |
1,49% |
76,30% |
5,4 |
5,3 |
-1,85% |
Espagne |
227 400 |
304 603 |
33,95% |
1,26% |
77,56% |
6,9 |
7,3 |
5,80% |
Brésil |
202 759 |
313 757 |
54,74% |
1,30% |
78,86% |
1,8 |
1,8 |
0,00% |
Indonésie |
165 821 |
306 491 |
84,83% |
1,27% |
80,14% |
1,1 |
1,4 |
27,27% |
[Les pays du G8, qui regroupent 13 % de la population mondiale, émettent 45 % des GES. Les États-Unis,
avec 5 % de la population mondiale, rejettent 25 % des émissions anthropiques. *
: données 1992 ** : données 1991]
Comme on le voit dans le tableau ci-dessus, la Chine et l'Inde font déjà partis des 5 plus gros émetteurs,
alors que leurs rejets par personne sont plus que modestes. Or, ces 2 pays sont en plein développement,
comme le prouve les relevés atmosphériques au dessus de ces 2 pays
[voir
L'impact de la croissance économique de la Chine sur l'atmosphère]
et les projections de l'Agence Internationale de l'Énergie qui indiquent qu'elles dépasseront vers 2010 le niveau de CO2 des Etats-Unis
[
La protection de l’environnement en Chine : document du bureau d’information du Conseil des Affaires d’Etat
de la République populaire de Chine, juin 2006] et que la
demande énergétique devrait augmenter de 53% d'ici 2030 [15/11/06
NouvelObs].
Si les méfaits du pétrole, qui intervient dans pratiquement tous les compartiments
de nos sociétés (transport, industrie, chimie...), ne sont plus a démontrer,
celui-ci possède un allier de poids : le charbon. Or, malgré que ce dernier dégage
30% de plus de CO2 que le pétrole, il a quand même
assuré 23,5% de la demande énergétique mondiale en 2002, et sa consommation
progresse de 500 milliards de tonnes tous les 10 ans (2900 milliards en 1983,
3460 milliards en 1993 et 4000 milliards de tonnes en 2002). Principalement
utilisé pour produire de l'électricité, il couvre 80% des besoins de la
Chine, 78% de ceux de l'Australie, 70% de l'Inde, 50% des USA, et 40%
de l'Allemagne !
Pour se rendre compte de l'envergure du problème, il suffit de faire un
peu de prospectives en partant des données suivantes :
- Émissions mondiales de CO2 en 2002 : 24,1 milliard de tonnes.
- Progression des émissions entre 2001 et 2002 : 2%
[20% d'augmentation entre 1990 et 2005.
22/05/07 : les émissions de CO2 ont augmenté dans le monde de manière alarmante entre 2000 et 2004, à un
rythme trois fois supérieur à celui des années 1990 (3,1% par an contre 1,1%).
tsr.ch].
Si rien n'est fait, on obtient le tableau suivant [Un
rapport du 07/11/06 de l'Agence Internationale de l'Énergie prévoit une augmentation des
rejets de CO2 de 53% d'ici 2030. 15/03/06 : publication d'un bulletin
sur nos émission par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM).
Lire le document
Word. 25/04/07 : selon des responsables de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) cités par le Financial Times,
la Chine va dépasser les USA cette année, soit avec 3 ans d'avances.
D'ici 25 ans (soit 2032), ses émission de CO2 représenterons "plus du double de celles de tous les pays de l'OCDE réunis".] :
|
2002
|
2003
|
2004
|
2005
|
2006
|
2007
|
2008
|
2009
|
2010
|
2011
|
2012
|
2032
|
|
24,10
|
24,58
|
25,07
|
25,58
|
26,09
|
26,61
|
27,14
|
27,68
|
28,24
|
28,80
|
29,38
|
43,65
|
[15/11/06 : contrairement à mon tableau, où je prévoyais une augmentation
de 0,49 Mt entre 2003 et 2004, la réalité a été de 1,2 Mt, soit plus
du double, principalement à cause du charbon, qui représente 60%
de cette augmentation selon l'AIE !
7sur7.]
Cerise sur le gâteau, ces valeurs ne se remplacent pas, puisque le
dioxine de carbone met du temps à se résorber (environ 100 ans). Il faut donc bien réaliser
que cette pollution s'accumule, et même si le total ne peut pas être pris à
la lettre, car les gaz à effet de serre ont des durées de vie différentes,
il est important de se rendre compte de son ordre de grandeur :
- en 2032, nous aurons ajouté 1000 milliard
de tonnes à la pollution existante en 2002 !
Bien évidemment, toute la question est de savoir quelle concentration de CO2 peut supporter notre
planète avant que son climat ne s'emballe. Or, le rapport intitulé "relever le défi du climat",
rendu public à Londres en janvier 2005 par un groupe de scientifiques de 9 pays, estime qu'un accroissement
de plus de 2° C de la température moyenne mondiale (par rapport à l'ère pré-industrielle,
soit 1750) rend l'arrêt du dérèglement climatique impossible.
"Pour eux, la Terre aura atteint ce point de non-retour lorsque son
atmosphère contiendra 400 parties de CO2 par millions (ppm).
Aujourd'hui, elle en contient déjà 379 ppm, un niveau augmentant de 2
ppm chaque année, souligne l'étude."
[La concentration habituellement utilisée dans les
calculs de limitation de nos rejets (division par 4 d'ici 2050)
est de 450 ppm]
|
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Le graphique de gauche montre l'augmentation la concentration du CO2
dans l'atmosphère [Provenance NOAA],
et celui ci-dessus celle de la température
mondiale [provenance NOAA].
Tant que le premier montera, le second fera forcément
de même, mais l'inverse ne sera pas toujours vrai...
|
Comme cette croissance ne sera certainement pas linéaire, cela nous laisse
moins de 10 ans avant le jour d'après.
23/05/07 : les dernières valeurs connues montrent que nos émissions
de CO2 dépassent le pire scénario envisagé par le GIEC (le diagramme
de droite est un zoom de celui de gauche).
[Les 2 première courbes sont tirées des données du CDIAC (Carbon Dioxide Information Analysis Center)
et de l'EIA (Energy Information Administration), les autres des scénarios du GIEC]
source PNAS [Proceedings of the National Academy of Sciences (DOI: 10.1073/pnas.0700609104)]
Étude au format PDF (en anglais).
Et chaque jour qui passe aggrave la situation. Alors,
agissez avec nous !
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