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Comme nous l'avons vu dans la partie objectif facile, notre consommation
n'a pas de rapport immédiat avec le dégagement de gaz à effet de serre. À part
le CO2 dégagé par notre véhicule, quand nous allons faire nos courses,
ou celui résultant de la cuisson de nos aliments, il n'est pas facile de se
rendre compte de l'importance de ce chapitre. Pourtant,
il est primordial.
En fait, si l'implication ne paraît pas immédiate, c'est que les émissions
sont réalisées en amont, lors de la fabrication (par l'industrie
ou l'agriculture) et du transport. Quoi qu'il en soit, si on revient à notre
graphique de base, cela regroupe quand même 42% des rejets totaux, et que ceux-ci
soient réalisés par le consommateur, ou pour le consommateur,
ne change pas grand chose.
L'important, c'est que vous vous rendiez compte que le simple fait de remplacer
votre traditionnel café du matin par un bon bol de chicorée fait de vous
un activiste, car vous privilégiez un produit local (nord de la France) plutôt
qu'un produit qui vient du bout du monde. Et si cet exemple peut vous semblez
anecdotique, malgré les tonnes de café que nous consommons, intéressez-vous
un peu à la provenance de tous ces petits objets bon marché que nous achetons
sans y faire attention, et vous verrez qu'ils proviennent, 9 fois sur 10, de
Chine !
Pour s'en rendre compte, prenons les données fournies par
l'Observatoire Bruxellois de la consommation durable
[attention, ce site semble en version béta. Merci de nous prévenir si le lien ne fonctionne
plus].
Quantité de CO2 causée par le transport d’une tonne d’aliment sur une distance d’un kilomètre
- Bateau : 15 à 30 g/tonne km
- Train : 30 g/tonne km
- Voiture : 168 a 186 g/tonne km
- Camion : 210 a 1.430 g/tonne km
- Avion : 570 a 1.580 g/tonne km
Ce qui donne concrètement :
- 1 kg d’ananas du Ghana : 5 kg de CO2 rejetés
- 1 kg de carottes de l’Afrique du Sud : 5.5 kg de CO2 rejetés
- 1 kg de laitue de Californie : 5 kg de CO2 rejetés.
Bien évidemment, le transport ne fait pas tout, mais il est l'un des éléments
les plus faciles, avec l'emballage, à appréhender. Ceci dit, la réflexion que
nous devons avoir sur notre vision de la consommation va plus loin que ces
quelques constats. Si nous souhaitons respecter notre quota de 250 kg
d'équivalent carbone [1 kg de CO2 vaut 0.275 kg ec], qui
ne s'applique pas qu'à la nourriture mais à tout ce que nous achetons, il nous
faut carrément remettre en question notre mode de vie !
Or, ce débat dépasse de loin les limites de ce dossier. C'est pourquoi nous avons
entrepris la réalisation d'un dossier dédié à cette notion de réduction de
la consommation,
que nous avons dénommé la Décroissance volontaire (section
Au foyer, rubrique
Cercle familial).
Le commerce équitable
Quand je préconise à mon entourage d'acheter "local", nombreuses sont les personnes qui me parlent du
commerce équitable, redoutant que ce principe le mette à mal.
Dans leur esprit, il est clair que ce type de commerce est une avancé sociale, et ils sont prêts à payer
des produits plus chers si on leur garantit une meilleure rémunération des producteurs. Naturellement, je
suis de tout coeur avec ce type d'objectif, mais je sais malheureusement qu'il n'est pas réalisables, et
ce, pour au moins 3 raisons :
- La plus pernicieuse est sans conteste celle du passage à la monoculture. Du coup, nous assistons au même
phénomène que nous avons vécu chez nous lors de l'apparition des usines, ou des exploitations minières :
les agriculteurs, qui n'étaient pas très riches mais qui subvenaient quand même à leurs besoins, se
transforment en ouvriers, ce qui les rend totalement tributaire de leur employeur. Or, comme le commerce
est mondial, ils deviennent totalement dépendant des fluctuations des cours des marchés, ce qui ne favorise
jamais les plus pauvres, comme le montre si bien l'article
Marché des produits de base : tendances mondiales, retombées locales du FAO (Food and
Agriculture Organization) [organisation des Nations Unies]. [07/11/05.
Vous pouvez aussi vous interroger sur les raisons qui poussent
Hugo Chavez, le Président du Venezuela (seul pays de
l'Amérique du Sud à faire parti de l'OPEP, et
donc à posséder son indépendance économique),
à dénoncer l'ALCA (zone de libre échange continentale que
souhaite mettre en place G.W Bush, président
des USA, mais en excluant l'agriculture), et à lui préférer le Mercosur
(Marché commun du Sud qui regroupe déjà
l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay).]
- Sans penser à mal, nous les incitons donc à nous prendre comme modèle et à entrer tête baissée dans le
grand cycle production-consommation, alors qu'il est maintenant démontré que ce modèle économique n'est pas
viable pour la planète. En effet, d'après le rapport de synthèses sur
l'Évaluation des écosystèmes pour le Millénaire [L'ONU s'est fixé 48
indicateurs pour suivre l'évolution globale pour le millénaire], 60% environ
des bienfaits que procure l’écosystème mondial pour soutenir la vie sur terre (eau douce, air pur et climat
relativement stable) sont en voie de détérioration ou utilisés de façon non viable.
- Pour finir, et bien qu'ils n'y soient pas pour grand chose, ce sont les populations des pays les plus
pauvres qui souffriront le plus des désordres qu'amène avec lui le dérèglement climatique, car ils auront
encore moins de moyens que nous pour s'y adapter.
Il est donc, à mon sens, évident, que le meilleur service que nous puissions leur rendre, est de
commencer par arrêter de polluer, ce qui passe malheureusement forcément par une consommation locale...
Pour compléter cette réflexion, vous pouvez lire ces quelques articles
:
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