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sea ice from 1979   sea ice from 2003
1979   2003
[NASA : Recent warming of Arctic may affect worldwide climate]
2401 - 7

Qu'avons-nous fait ?

[Relayez notre action !]

 

Agir durablement : la consommation [22/05/06]

 

La consommation : 250 kg (50% de 500 kg)

Comme nous l'avons vu dans la partie objectif facile, notre consommation n'a pas de rapport immédiat avec le dégagement de gaz à effet de serre. À part le CO2 dégagé par notre véhicule, quand nous allons faire nos courses, ou celui résultant de la cuisson de nos aliments, il n'est pas facile de se rendre compte de l'importance de ce chapitre. Pourtant, il est primordial.

En fait, si l'implication ne paraît pas immédiate, c'est que les émissions sont réalisées en amont, lors de la fabrication (par l'industrie ou l'agriculture) et du transport. Quoi qu'il en soit, si on revient à notre graphique de base, cela regroupe quand même 42% des rejets totaux, et que ceux-ci soient réalisés par le consommateur, ou pour le consommateur, ne change pas grand chose.

L'important, c'est que vous vous rendiez compte que le simple fait de remplacer votre traditionnel café du matin par un bon bol de chicorée fait de vous un activiste, car vous privilégiez un produit local (nord de la France) plutôt qu'un produit qui vient du bout du monde. Et si cet exemple peut vous semblez anecdotique, malgré les tonnes de café que nous consommons, intéressez-vous un peu à la provenance de tous ces petits objets bon marché que nous achetons sans y faire attention, et vous verrez qu'ils proviennent, 9 fois sur 10, de Chine !

En kg équivalent carbone
SE CHAUFFER
3000 litres de fioul 2200 kg
l’équivalent en gaz naturel 1500 kg
SE DÉPLACER
en voiture (15000 km par an)
petite cylindrée à la campagne 850 kg
grosse cylindrée en ville jusqu’à 3000 kg
en avion
1 allers-retours Paris New-York 900 kg
10 allers-retours Limoges-Paris 900 kg
en train
10 allers-retours Limoges-Paris 15 kg
MANGER
1 kilo de blé 0.110 kg
1 kilo de boeuf jusqu’à 8 kg
1 kilo de volaille, entre 0.500 et 1.500 kg.
CONSTRUIRE
1 tonne d’acier 800 kg
1 tonne de ciment 250 kg
1 tonne de bois (au contraire) stocke - 500 kg
TRANSPORT DE MARCHANDISES
1 tonne de pommes produite localement 15 kg
1 tonne de pommes venant d’Espagne 250 kg
1 tonne de poire venant d’Afrique du sud 4000 kg
1 tonne d’ oranges venant de Tunisie 1000 à 2000 kg 1 tonne de courrier Paris Nice
par train 3 kg
par camion 20 kg
par avion (Chronopost) 800 kg
(source :
ALDER).

Pour s'en rendre compte, prenons les données fournies par l'Observatoire Bruxellois de la consommation durable [attention, ce site semble en version béta. Merci de nous prévenir si le lien ne fonctionne plus].

Quantité de CO2 causée par le transport d’une tonne d’aliment sur une distance d’un kilomètre

  • Bateau : 15 à 30 g/tonne km
  • Train : 30 g/tonne km
  • Voiture : 168 a 186 g/tonne km
  • Camion : 210 a 1.430 g/tonne km
  • Avion : 570 a 1.580 g/tonne km

Ce qui donne concrètement :

  • 1 kg d’ananas du Ghana : 5 kg de CO2 rejetés
  • 1 kg de carottes de l’Afrique du Sud : 5.5 kg de CO2 rejetés
  • 1 kg de laitue de Californie : 5 kg de CO2 rejetés.

Bien évidemment, le transport ne fait pas tout, mais il est l'un des éléments les plus faciles, avec l'emballage, à appréhender. Ceci dit, la réflexion que nous devons avoir sur notre vision de la consommation va plus loin que ces quelques constats. Si nous souhaitons respecter notre quota de 250 kg d'équivalent carbone [1 kg de CO2 vaut 0.275 kg ec], qui ne s'applique pas qu'à la nourriture mais à tout ce que nous achetons, il nous faut carrément remettre en question notre mode de vie !

Or, ce débat dépasse de loin les limites de ce dossier. C'est pourquoi nous avons entrepris la réalisation d'un dossier dédié à cette notion de réduction de la consommation, que nous avons dénommé la Décroissance volontaire (section Au foyer, rubrique Cercle familial).

Le commerce équitable

Quand je préconise à mon entourage d'acheter "local", nombreuses sont les personnes qui me parlent du commerce équitable, redoutant que ce principe le mette à mal.

Dans leur esprit, il est clair que ce type de commerce est une avancé sociale, et ils sont prêts à payer des produits plus chers si on leur garantit une meilleure rémunération des producteurs. Naturellement, je suis de tout coeur avec ce type d'objectif, mais je sais malheureusement qu'il n'est pas réalisables, et ce, pour au moins 3 raisons :

  • La plus pernicieuse est sans conteste celle du passage à la monoculture. Du coup, nous assistons au même phénomène que nous avons vécu chez nous lors de l'apparition des usines, ou des exploitations minières : les agriculteurs, qui n'étaient pas très riches mais qui subvenaient quand même à leurs besoins, se transforment en ouvriers, ce qui les rend totalement tributaire de leur employeur. Or, comme le commerce est mondial, ils deviennent totalement dépendant des fluctuations des cours des marchés, ce qui ne favorise jamais les plus pauvres, comme le montre si bien l'article Marché des produits de base : tendances mondiales, retombées locales du FAO (Food and Agriculture Organization) [organisation des Nations Unies].
    [07/11/05. Vous pouvez aussi vous interroger sur les raisons qui poussent Hugo Chavez, le Président du Venezuela (seul pays de l'Amérique du Sud à faire parti de l'OPEP, et donc à posséder son indépendance économique), à dénoncer l'ALCA (zone de libre échange continentale que souhaite mettre en place G.W Bush, président des USA, mais en excluant l'agriculture), et à lui préférer le Mercosur (Marché commun du Sud qui regroupe déjà l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay).]
  • Sans penser à mal, nous les incitons donc à nous prendre comme modèle et à entrer tête baissée dans le grand cycle production-consommation, alors qu'il est maintenant démontré que ce modèle économique n'est pas viable pour la planète. En effet, d'après le rapport de synthèses sur l'Évaluation des écosystèmes pour le Millénaire [L'ONU s'est fixé 48 indicateurs pour suivre l'évolution globale pour le millénaire], 60% environ des bienfaits que procure l’écosystème mondial pour soutenir la vie sur terre (eau douce, air pur et climat relativement stable) sont en voie de détérioration ou utilisés de façon non viable.
  • Pour finir, et bien qu'ils n'y soient pas pour grand chose, ce sont les populations des pays les plus pauvres qui souffriront le plus des désordres qu'amène avec lui le dérèglement climatique, car ils auront encore moins de moyens que nous pour s'y adapter.

Il est donc, à mon sens, évident, que le meilleur service que nous puissions leur rendre, est de commencer par arrêter de polluer, ce qui passe malheureusement forcément par une consommation locale...

Pour compléter cette réflexion, vous pouvez lire ces quelques articles :