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Préambule
Alors que dans l'objectif facile, nous nous efforcions de faire des économies
sans changer de véhicule, cette contrainte n'est plus de mise ici. Par
contre, il est fondamental de garder à l'esprit la donnée suivante : jusqu'à
présent, toutes les avancés technologiques qui auraient dû nous faire diminuer
nos émissions, ont été englouti par l'augmentation de nos besoins !
Autrement dit, cela ne sert à rien d'améliorer les véhicules
si nous roulons plus, ou si nous sommes plus nombreux à le faire, ou
si nous les achetons plus gros. La
seule solution qui soit réellement efficace, pour limiter le public dans sa
soif de consommation, est le prix (ou l'interdiction). Bien que ce type de
proposition engendre toujours une levée de bouclier, elle permettrait de protéger
les plus défavorisés tout en étant applicable immédiatement, 2 avantages
qui méritent qu'on y réfléchisse ! [lire l'article de Jean-Marc Jancovici,
La taxe, sinon rien !
ou celui de Yves Martin (Président du MIES entre 1990 et 1995) Quels
instruments pour aller vers le "facteur 2" au plan mondial
?]
Étant donné la
gravité et l'urgence de la situation, des actions plus radicales peuvent être
trouvées, mais nous les étudierons dans la partie
Agir publiquement.
Ceci dit, partons du principe que nous sommes tous des personnes raisonnables,
et étudions les solutions à notre disposition.
Une dernière remarque sur la notion de voiture
propre, qui ne possède pas la même définition dans ce dossier que chez
les constructeurs automobiles. En effet, ceux-ci ont, depuis quelques années,
entrepris des travaux importants pour limiter la pollution de leurs véhicules,
et nous leur en sommes gré [voir
CCFA - Comité des Constructeurs
Français d'Automobiles]. Malheureusement, pratiquement tous les rejets ont été réduit (plomb,
particules, monoxyde de carbone, ...) sauf le gaz carbonique ! Les nouvelles
gammes sont donc propres, au sens où elles rejettent moins de gaz nocifs à
la santé humaine, mais elles sont toujours aussi sales qu'avant, au sens des
gaz à effet de serre.
Notre seule référence restera donc, encore et toujours, la fiche constructeur (qui
doit préciser la quantité de CO2 émise au kilomètre) et non la plaquette commerciale.
- Objectif final : rejets 0
Lorsque l'on commence à réfléchir sérieusement au problème, on découvre rapidement que les arguments ne sont
pas aussi simple qu'il y paraît. Le diesel est-il plus propre que l'essence ? Oui si on en croit les
émissions données par les fiches constructeurs, non si on regarde le tableau classant les carburants.
Si on y réfléchit, il est vrai que l'on ne parle pas de la même chose. Le carburant diesel, quand il
est consommé, dégage plus de CO2 que l'essence, cycle de vie compris, mais la voiture diesel dégage
moins de CO2 au kilomètre parcouru. En final, dois-je acheter une diesel ou une essence, sachant que
l'on devrait aussi tenir compte du cycle de vie de la voiture ? [On
estime (en première approximation) à 1T le CO2 émit pour fabriquer une tonne
de voiture neuve.]
À taille de voiture équivalente, il semble clair que je dois privilégier une voiture électrique. À
condition, bien sûr, que cette électricité ne soit pas produite à partir d'une centrale thermique
fonctionnant au charbon [en France, 95% de l'électricité
n'émet pas de CO2] ! Finalement, le summum consiste certainement à me rendre à mon travail à
cheval, mais je ne suis pas sûr d'être équipé pour... Il me reste aussi la solution de rester à la
maison, mais ce n'est malheureusement encore pas possible tout de suite.
Mon intention étant quand même de proposer des solutions réalistes, et en
attendant qu'une taxe sur les carbones clarifie tout ça,
[lire l'article de Jean-Marc
Jancovici : Combien plus cher payerions nous les choses avec une taxe carbone ?]
je vais le faire dans l'ordre
décroissant des gains estimés (par ma modeste personne !), et vous inviter à choisir la première que vous pourrez mettre en application.
- Ramener à zéro ses émissions liées à ses déplacements personnels oblige forcément à tout faire à
pied, voir à vélo [16/11/06 : le Laüfer sera-t-il le vélo du futur ?], si on néglige la fabrication de l'appareil. Évidemment, il n'est pas
donné à tout le monde de pouvoir se rendre à son travail, ou en courses, à pied, même s'il faut quand même
se souvenir que nos grands-parents le faisaient quotidiennement, aussi ne vais-je pas m'étendre sur cette
solution là.
[Pour une réflexion sur un mode de vie différent, voir notre
dossier la Décroissance volontaire
(section
Au foyer, rubrique
Cercle familial).]
- La solution suivante consiste à continuer de se passer de voiture personnelle, mais à se permettre les
transports en commun, ou le co-voiturage. Si ce choix peut sembler encore très utopiste, je connaît des personnes qui
l'ont fait, et je tiens à leur dire ici ma profonde admiration. Bien que cette solution entraîne forcément des
dégagements de CO2 (quand on parle en cycle de vie, même le métro ou les tramways émettent du gaz carbonique),
je serai bien incapable de chiffrer ceux-ci. Je considère donc ceux-ci comme négligeable dans le cadre de
cette étude...
[Note: en plus du co-voiturage, il existe des solutions de carsharing (partage de voiture) à
l'étranger (voir Mobility en Suisse ou
Cambio en Belgique). Mais n'oublions quand même pas les loueurs "classiques" comme Ada ou Avis.]
- La dernière solution qui puisse être regroupée dans cette partie,
concerne l'emploi d'un véhicule électrique (la combustion mixte ne fait
que réduire l'essence utilisée).
[Il existe maintenant
(mars 2005) une nouvelle génération de voitures électriques : BlueCar. Voir
la partie Actualités]
Malheureusement, à ce jour [22/07/06], les
grands constructeurs ne proposent pas ce type de véhicule dans leurs
catalogues. Tous les modèles électriques ont disparu des pages des sites de Citroën,
Peugeot et Renault. Seul DaimlerChrysler, avec sa Smart ForTwo,
semble chercher à se lancer dans cette voie, malheureusement sans
s'adresser au grand public [lire
moteur
nature].
Si vous souhaitez quand même vous faire une idée, vous pouvez
lire le compte-rendu d'un des derniers acheteurs de ce type de véhicule
(mai 2005) : Test
de la "Kangoo hybride". Pour les plus optimistes,
et les plus patients, vous pouvez vous rendre sur le site d'un prototype
(à quand une production en série ?) qui fait rêver : La BlueCar. [20/03/06.
Résumé des caractéristiques de la BlueCar : 3 passagers, un coffre de 810 à 2300 dm3, 250 km d'autonomie, une
vitesse de pointe de 125 km/h et des batteries d'une durée de vie estimée à 150000 km. Malheureusement, pas de
production avant 2008 (date de mise en production de l'usine de batteries) pour un coût recherché de 20000
euros le véhicule. Lire Bolloré met le contact.]
Ce véhicule, conçu dès l'origine pour la traction électrique, affiche aujourd'hui une autonomie de plus
de 200 km, selon les conditions d'utilisation, et une vitesse de pointe de 125 km/h. Quant à la batterie LMP
(Lithium-Métal-Polymère), elle nécessite un temps de rechargement à 100% de six heures.
En fait, c'est le groupe Bolloré qui a réalisé cette petite merveille
pour mettre en avant son savoir faire dans les batteries...
- Objectif minimal : 250 kg
Comme il ne sera certainement pas facile d'abandonner immédiatement nos
habitudes de "grands" déplacements (plus de 100 km), je vais affecter la moitié
de nos rejets à ce poste, l'autre moitié étant probablement déjà engloutie
par notre consommation...
Quel type de carburant ?
Même si, pour mes recherches, j'ai été amené à recenser les différents types de carburants possibles, je
considère qu'ils peuvent tous être regroupés dans cette partie (mis à part, peut-être, l'hydrogène, que
je détaillerai dès qu'une solution commerciale verra le jour.
[17/01/06:
Vers une voiture à hydrogène française. Cet article profite de l'annonce des progrès de PSA et du CEA
sur la technologie de la pile à hydrogène pour faire le point sur cette technologie.
Celui-ci
estime que l'hydrogène ne sera jamais rentable.]).
Bilan CO2 des énergies conventionnelles et alternatives dans
les applications au transport routier, du puits à la roue [source
CCFA (André Douaud)]
|
Energie
|
Origine
|
Moteur
|
CO2 (g/kwh)
|
Rendement véhicule (kwh/km)
|
CO2 (g/km)
|
CO2 relatif (g/km)
|
|
Diesel
|
Pétrole
|
Diesel
|
308
|
0,54
|
166
|
1,00
|
|
Diesel FT
|
Gaz naturel
|
Diesel
|
376
|
0,54
|
203
|
1,22
|
|
DME
|
Gaz naturel
|
Diesel
|
318
|
0,54
|
172
|
1,03
|
|
EMHV
|
Oléagineux
|
Diesel
|
410/201*
|
0,54
|
221/108*
|
1,3/0,6*
|
|
Essence
|
Pétrole
|
Allumage commandé
|
327
|
0,66
|
216
|
1,30
|
|
ETBE
|
Blé, betterave + pétrole
|
Allumage commandé
|
408/278*
|
0,66
|
269/183*
|
1,6/1,1*
|
|
EtOH
|
Blé, betterave
|
Allumage commandé
|
530/169*
|
0,66
|
350/111*
|
2,1/0,7*
|
|
GN
|
Gaz naturel
|
Allumage commandé
|
224
|
0,54
|
121
|
0,73
|
|
GPL
|
Pétrole + gaz naturel
|
Allumage commandé
|
248
|
0,66
|
164
|
0,99
|
|
Hydrogène comprimé
|
Electricité France
|
Pile à combustible
|
151
|
0,40
|
60
|
0,36
|
|
Hydrogène comprimé
|
Gaz naturel + électricité Europe
|
Pile à combustible
|
388
|
0,40
|
155
|
0,93
|
|
H2 liquide
|
Gaz naturel + électricité Europe
|
Pile à combustible
|
627
|
0,40
|
251
|
1,51
|
* Sans/avec déduction du carbone de photosynthèse
Quelques compléments
sur la filières des biocarburants [08/11/05
: pour des renseignements complémentaires, voir
le rapport sur l'optimisation du dispositif de soutien à la filière biocarburants,
rendu le 20/09/05 par une mission interministérielle. 30/05/06 : Biocarburant de première génération peu d'intérêt par rapport au bilan CO2.
02/10/06 : Point sur les biocarburants en France.
29/09/07 : Hartmut Michel, Prix Nobel de chimie 1988, estime que les biocombustibles n'économisent pas les émissions de CO2. Lire À l'encontre.
08/11/07 : nouveau dossier sur le sujet. Lire ActuEnvironnement.]
Les biocarburants sont des carburants obtenus à partir de la biomasse, c’est à dire des
végétaux et certains déchets organiques. Il existe actuellement
deux
grandes filières de production de biocarburants :
- la filière de l’éthanol, alcool qui peut être incorporé dans l’essence soit directement,
soit sous forme d’ETBE (éthyl tertio butyl éther);
- la filière des esters d’huiles végétales, principalement développés sous la forme d’EMHV
(esters méthyliques d’huiles végétales) destinés aux véhicules diesel.
À l’horizon 2010, la France veut, conformément aux objectifs de la directive communautaire 2003/30/CE, amener
le taux
d’incorporation des biocarburants dans l’essence et dans le gazole à 5,75%, exprimé
en valeur énergétique [les carburants n’ont pas les mêmes caractéristiques en termes de
capacité énergétique : le rapport est de 0,92 pour les EMHV par rapport au gazole, et de 0,66 pour
l’éthanol par rapport à l’essence].
Quand on sait que la filière EMHV dégage 3,3 fois moins de gaz à effet de serre à valeur énergétique
égal que la filière gazole, et la filière
éthanol 2,5 fois moins que la filière essence [ces
chiffres seront peut-être à revoir puisqu'il ne semble pas
y avoir de consensus sur le sujet (voir les liens regroupés plus
haut)], ce limiter à
5,75% peut sembler stupide, mais il faut savoir que :
- l'impact sur l’effet de serre est en tout état de cause très inférieur à celui qui peut être obtenu
par d'autres procédés d’appel à la biomasse pour la production de chaleur. Autrement
dit, on émettra moins de gaz à effet de serre en brûlant
"directement" la biomasse (dans une chaudière,
par exemple, ou dans une centrale électrique) qu'en la transformant
auparavant en éthanole ou en huile.
- avec les rendements actuels [et il y a peu de chance que
ceux-ci augmentent, puisque le pétrole va bientôt nous
faire défaut], l’objectif d’incorporation de 5,75 % de biocarburants dans les carburants fossiles
devrait entraîner la production de 780 000 tonnes d’éthanol (correspondant à 220 000 hectares) et
2 400 000 tonnes d’EMHV (correspondant à 1 800 000 hectares d’oléagineux),
soit 2 millions d'hectares (il y a 1,2 millions d’hectares de
jachères), ce qui représente plus de 10 % de la surface
labourable.
- et si on atteint ce pourcentage tout en continuant de consommer
plus, d'après un rapport de l'AEE (Agence Européenne pour l'Environnement),
nous serons obligés d'importer la biomasse nécessaire (huile
de palme, canne à sucre), ce qui remet encore plus en cause
les gains en CO2 (sans parler des modes de culture non forcément
durables)
Les limites de nos productions ne nous permettent donc pas de considérer les biocarburants
comme de nouveaux carburants propres, mais simplement comme des
additifs qui permettent de diminuer les rejets en CO2. Ceci dit, si certains sont prêts à récupérer de
l’huile de cuisson et à la filtrer pour l’utiliser dans leur véhicule, je leur conseille d’aller rechercher
des informations pratiques sur
Oliomobile.
Concrètement, une famille de 5 personnes (qui a donc "droit" à
5x250 kgec, soit environ 4 550 kg de CO2 pour l'année, puisque 1 kg de
CO2 vaut 0.275 kg d'équivalent carbone), possédant une voiture récente rejetant officiellement
140 g/km, que je m'empresse de majorer de 20% pour obtenir 170 g/km, pourra
donc parcourir 26 740 km dans une année. [Pour simplifier,
on peut prendre une valeur de 5 350 km par personne]
Quel véhicule choisir ?
[09/09/05 : en France, à partir de 2006, l’aide aux véhicules hybride, GPL et GNV passera de 1525€ à 2000€.
Dans le même esprit, une taxe sera prélevée sur les cartes grises pour financer
l'ADEME. Elle sera de 2 euros par gramme supérieur à 200g/km, et de 4 euros
par gramme supérieur à 250g/km. Il faut rappeler que les constructeurs automobiles (européens, japonais et
coréens) se sont engagés à ramener les émissions de CO2 de leurs véhicules un niveau moyen de 140 mg/km d'ici
2008 (pour les européens) ou 2009 (pour les autres). Ces engagements
ne seront malheureusement pas tenus puisqu'en 2004, les gains par
rapport à 1995 (année de référence) étaient de 12,4%, alors qu'il
devront être de 25% en 2008.]
Naturellement, le premier réflexe consiste à se tourner vers les véhicules
récents pour rechercher une plus faible émission de CO2. Cependant, il faut
faire intervenir dans sa réflexion le cycle de vie du véhicule, c'est à dire
les émissions de CO2 réalisées lors de sa fabrication.
Or, cette information est loin d'être facile à obtenir, aussi nous contenterons-nous
d'utiliser l'approximation faite par Jean-Marc Jancovici dans son ouvrage "L'Avenir Climatique :
quel temps ferons nous ?"
[éditions du Seuil] : 1T de voiture
neuve équivaut à l'émission d'1T de CO2.
Autrement dit, si vous décidez de changer de véhicule pour limiter vos rejets,
et que vous optez pour une voiture neuve comme la Prius (104 g/km mais 1300
kg), vous partez avec un handicap de 1,3 tonne de CO2. Si nous reprenons
nos calculs pour une famille de 5 personnes, le gain (104 g/km au lieu
de 140) permettra d'économiser 9 650 kg de CO2 par an (pour un trajet de 26750
km), et il faudra pratiquement 1 an et demi pour effacer le "surcoût"
dû à l'achat d'une voiture neuve..
Ce n'est donc qu'à partir de la 2ème année que notre famille fictive
pourra s'autoriser à rouler 36400 km au lieu de 26750...
Pour être le plus pratique possible et vous permettre de faire vos choix, voilà quelques informations fournit
par l'ADEME [Agence De
l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie] :
Les trois mentions spéciales de l'ADEME pour 2004 : [il
n'y a pas eu de mentions spéciales en 2005]
- Pour leur bon rapport prix de vente /émissions de CO2 :
la Citroën C2 Diesel (12 350 euros / 108 g/km) la Suzuki Alto essence (7 590 euros / 119 g/km)
- Pour la meilleure vente 2003 de véhicules à moins de 120 g/km :
la Clio Diesel DCI (79 082 véhicules vendus)
le palmarès 2005 des émissions de CO2 :
-
Essence
[note : une voiture mixte comme la Prius appartient à cette catégorie]
-
Diesel
[30/06/07 : Smart CDI à 88 g de CO2 aux 100
km (Journal
de l'automobile).]
Si vous souhaitez calculer vous même vos dégagement de CO2, vous pouvez
obtenir les valeurs d'émissions constructeur sur le site
http://www.energieetikette.ch.
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