Bourgogne
Paradoxalement, la première image qui vient à l'esprit quand on pense à la
Bourgogne, c'est son masculin. Autrement dit, "le" Bourgogne, ce
qui ne fait, bien sûr, nullement référence à une quelconque notion de misogynie,
mais à son vin.
Effectivement, si nous commencions à présenter cette région sans parler de son vignoble, nous prendrions le risque de faire croire au lecteur
qu'il s'est trompé d'article. Sacrifions donc à la tradition, même si notre
arrière pensée est de vous entraîner aussi bien dans son histoire, qui fit tant
trembler le royaume de France, que dans le reste de son territoire, qui représente,
ne l'oublions pas, plus de 98% de sa superficie.
Le principe ne
sera pas, ici, de vous parler longuement du vin de Bourgogne. Il existe déjà
suffisamment de sites qui s'y emploient, pour nous épargner cette peine. Nous
souhaitons simplement donner au visiteur les repères nécessaires à une meilleure
compréhension de cette région.
En effet, la réputation des vins que l'on y élève est bien plus ancienne
que l'arrivée des Burgondes, en 450 de notre ère, qui nous apportèrent le nom que
nous avons conservé depuis. C'est, d'après d'anciens écrivains comme Plutarque,
au début du IV siècle avant J.C. que les Celtes de nos régions découvrent les
plaisirs du vin, qu'ils ramènent au retour de leur invasion de Rome (390 av.
J.C).
Pourtant, pendant bien des années, ce breuvage reste l'apanage des riches
qui l'importent en amphores de la région de Marseille ou d'Italie. La boisson
locale restant la bière d'orge.
Il faut attendre la fin du Ièr siècle avant J.C. pour que les différentes
tribus Celtes s'approvisionnent directement dans
la vallée du Rhône. Notons au passage qu'ils appliquèrent au vin une invention
qu'ils avaient réalisés pour le transport de la bière : le tonneau.
Mais il fallut attendre encore 2 ou 3 siècles pour qu'une activité vinicole
atteigne notre actuelle Côte d'Or. Par contre, la réputation de ses vins se
répandit rapidement, comme le souligne le célèbre texte que l'on nomme : "Éloge
de Constantin" (voir la partie historique pour plus de détails).
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"Le fameux pays de Beaune lui-même est bien vainement jalousé et
porté aux nues, car on n'y voit plus cultivé la vigne que sur un seul point;
au-delà, tout le reste n'est que forêt et roches inaccessibles, sûrs repaires
de bêtes sauvages. (...)
Ces vignes mêmes, qu'admirent ceux qui ne les connaissent
pas, sont si épuisées par la vieillesse qu'elles ne profitent presque plus
de la culture. En effet, les racines des ceps dont nous ne savons plus l'âge,
par leur replis infinis et par leur masse, empêchent de donner aux fosses
la profondeur normale et les provins à découvert se trouvent exposés aux pluies
qui les noient et aux rayons du soleil qui les brûlent. Et nous ne pouvons
pas, selon l'usage de l'Aquitaine et d'autres provinces, assigner n'importe
où un terrain à de nouvelles vignes, car sur les hauteurs ce ne sont que rochers,
et dans la plaine ce ne sont que bas-fonds exposés aux gelés blanches..."
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Ce texte, qui fût écrit en l'an 312 de notre ère, pour remercier l'empereur romain
Constantin de sa mansuétude économique envers cette région, montre plusieurs choses
:
En premier lieu, que la qualité des grands crus était déjà fort connue,
même si la culture de la vigne semble avoir été quelque peu abandonnée à l'époque.
En second lieu, que la richesse de celle-ci ne peut pas s'étendre pour des
raisons géographiques et climatiques. Contrairement aux régions moins septentrionales, le
vignoble ne peut pas s'agrandir, ce qui, certes, favorise son maintient
au sein de familles qui l'exploitent depuis des générations dans le respect des
traditions, mais explique aussi son prix conséquent.
Ce dossier se complétera régulièrement en fonction de nos recherches et des
aides que nous recevrons. En attendant, si vous êtes intéressés par des informations
complémentaires sur l'élevage du vin en Hautes-Côtes, nous vous conseillons
la lecture du site du domaine (viticole !) de Montmain
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